Congo-Brazzaville : un gouvernement sous influence familiale
« La montagne a accouché d’une souris. »
Le monde traverse aujourd’hui de profonds bouleversements géopolitiques,
remettant en cause les équilibres hérités de l’après-Seconde Guerre
mondiale, notamment en matière de droit international et de respect des
droits humains.
Pendant ce temps, au Congo-Brazzaville, monsieur Denis Sassou Nguesso
poursuit une gouvernance marquée par une forte concentration du pouvoir.
Le gouvernement se caractérise par la présence notable de membres de
son entourage proche : enfants, gendres, alliés
politiques et militaires, membres de sa famille ou encore compagnons de
longue date. Cette configuration alimente les critiques d’un système
reposant sur le favoritisme et une logique clanique.
De nombreux observateurs dénoncent également une concentration des
postes ministériels stratégiques, régaliens, entre les mains d’un même
groupe ethnique, perçue comme une forme de repli identitaire préoccupant
pour la cohésion nationale.
Comme le dit l’expression, « on prend les mêmes et on recommence ». Mais pour quels résultats ?
Le peuple congolais, confronté à des difficultés persistantes, peine à
percevoir les effets positifs d’un gouvernement dont plusieurs membres
occupent des responsabilités depuis de nombreuses années. Les
remaniements successifs s’apparentent souvent à un simple
jeu de chaises musicales, sans réelle transformation en profondeur.
Cette situation donne parfois l’image d’une scène politique
désorganisée, où les décisions manquent de cohérence.
À bien des égards, certains estiment que le pays fonctionne davantage
comme une monarchie de fait que comme une république, concentrant le
pouvoir autour d’un cercle restreint. Une telle évolution interroge :
faut-il s’y résigner ?
La réponse ne peut être que négative. La République, « res publica »,
appartient à tous. Elle ne saurait être confisquée par un groupe de
tribu, quel qu’il soit. Des comparaisons sont parfois établies avec
d’autres régimes autoritaires, comme celui de François
Duvalier et de son fils en Haïti, pour souligner les risques d’une
gouvernance personnalisée et durable.
Le peuple congolais, marqué par les épreuves de son histoire, notamment
la guerre civile sanglante du 5 juin 1997 avec 400 000 morts, observe
avec inquiétude l’évolution de son pays. Mais l’histoire montre que les
régimes autoritaires ne se maintiennent que
tant qu’ils rencontrent une forme de résignation.
La situation actuelle peut apparaître comme un véritable nœud gordien.
Et comme le rappelait Albert Einstein : « On ne peut résoudre un
problème avec le même mode de pensée qui l’a engendré. »
Le défi est donc celui du renouveau : un leadership capable de dépasser
le statu quo, fondé sur l’unité, le travail et le progrès. Le
Congo-Brazzaville, notre pays, ne souffre pas d’un manque de ressources,
mais d’un déficit de gouvernance, de justice sociale
et de renouvellement d’une classe politique sclérosée.
Il revient à chaque Congolaise et à chaque Congolais de s’interroger sur
l’avenir souhaité : quel sens donner à notre engagement collectif, et
quel pays voulons-nous léguer aux générations futures ?
L’heure est à la refondation du pays dans laquelle chacun de nous
apportera sa pierre à l’édifice Congo qui ne saurait être un mur de
maçons mais un pont entre les citoyennes et les citoyens muent par un
idéal commun de solidarité et de vivre ensemble.
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Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA