Les lunettes noires de Denis Sassou Nguesso pour cacher sa honte
« Je crois que le peuple n’écoute pas les oiseaux de mauvais augure et quelques détracteurs, surtout ceux qui parlent depuis l’étranger parce que la réalité est ici… »
— Denis Sassou Nguesso
Monsieur Denis Sassou Nguesso,
Vous affirmez que « la réalité est ici ». Permettez-moi de vous répondre que la réalité ne se décrète pas. Elle se constate.
Pourquoi portez-vous des lunettes noires ? Craignez-vous de regarder en face l'état réel du Congo ?
Le peuple parle parfois plus fort par son silence que par ses applaudissements. Aujourd'hui, ce silence est assourdissant. Ni popopo, ni dingui-dingui, ni sui-sui-sui, ni yoyi. Plus rien. C'est lourd le silence d'un peuple.
Comment pourrait-il en être autrement ? Le Congo est un pays pétrolier de moins de cinq millions d'habitants. Pourtant, après quarante-deux années de votre exercice du pouvoir, une grande partie de la population continue de faire face à la pauvreté, au chômage, au manque d'infrastructures et à la dégradation des services publics. Dans ces conditions, présenter vingt kilomètres de route comme une réussite majeure ne peut convaincre que ceux qui refusent de mesurer l'ampleur des attentes des Congolais.
Le popori — l'oiseau qui fait beaucoup de bruit — a coutume de revenir avec son vacarme inutile pour tenter de faire croire qu'il a accompli quelque chose. Pourtant, la réalité est implacable : votre bilan est au cœur des interrogations des Congolaises et des Congolais.
Votre retour au pouvoir en 1997 demeure associé, dans la mémoire collective, aux conséquences humaines dramatiques. Le Programme post-conflit de développement économique et social pour le Congo 2000-2002, cosigné en novembre 1999 par Denis Sassou Nguesso, Justin Lékoundzou Itihi Ossetoumba, ministre délégué à la Défense, Pierre Oba, ministre de l'Intérieur, de la Sécurité et de l'Administration du territoire, Mathias Dzon, ministre de l'Économie, des Finances et du Budget, l'Union Congolaise des Banques (UCB), la Banque africaine de développement (BAD) et les Nations Unies, indique notamment que « 750 000 personnes du Sud du Congo manquent à l'appel ».
Ce chiffre continue d'interpeller et appelle toujours un véritable travail de vérité, de justice et de mémoire.
Cette tragédie fut résumée en 2005 sur la chaîne française LCI par Jean-Paul Pigasse, que vous présentiez vous-même comme un ami et qui fut souvent considéré comme l'un de vos proches soutiens de la Françafrique, lorsqu'il déclara :
« On pouvait s'en sortir avec au moins 2 000 morts. »
Cette déclaration demeure l'une des plus marquantes jamais entendues sur cette période sombre de l'histoire du Congo. Elle continue d'alimenter les interrogations sur les responsabilités politiques et militaires de ce coup d'Etat hors norme, ainsi que sur la nécessité de faire toute la lumière sur les événements qui ont endeuillé notre pays.
À cela s'ajoutent les interrogations persistantes sur plusieurs épisodes majeurs de l'histoire politique congolaise, notamment les circonstances ayant entouré le piège tendu au président Alphonse Massamba-Débat, l'assassinat du président Marien Ngouabi, alors que son ministre de la Défense était un certain Denis Sassou Nguesso, ainsi que les assassinats du cardinal Émile Biayenda et de plusieurs autres personnalités. Sans oublier les massacres d'Ikongono et l'assassinat du capitaine Pierre Anga entre autres.
Comme le dit un proverbe africain :
« Ngadou tidi muntu, nfoundou ba na maba. » (« Lorsque le caïman attrape un homme dans la rivière, c'est qu'il y a eu entente avec l'eau. » )
Ce proverbe illustre une interrogation que beaucoup de Congolais continuent de se poser sur cette période de notre histoire.
Non, Monsieur Sassou Nguesso, il n'y a pas eu de véritable élection présidentielle le 15 mars 2026. Pour beaucoup de Congolais, il s'est agi d'une opération de maintien au pouvoir, menée avec l'appui de vos soutiens de la Françafrique. Cette perception contraste avec les principes démocratiques et les valeurs universelles que la France affirme défendre. Raison pour laquelle, la France l'avait résumé par "C'est un fiasco !"
Vous aimez rappeler cette phrase :
« Ce que je fais, c'est la France qui me le demande ! »
Si tel est réellement votre sentiment, il mérite une explication. Car le peuple congolais aspire avant tout à un dirigeant qui rende des comptes à son peuple et non à des soutiens extérieurs, quels qu'ils soient.
Cette opération s'est soldée, comme chacun a pu le remarquer et nous en avons fait un large écho, par une abstention massive. Si vous ne parvenez toujours pas à distinguer une abstention d'une adhésion populaire, alors on comprend mieux pourquoi vous portez des lunettes noires : elles semblent vous empêcher de voir une réalité pourtant évidente pour beaucoup de Congolais et par la communauté internationale.
Lorsque des billets de banque sont lancés à la foule, beaucoup de citoyens n'y voient pas un geste de générosité, mais une humiliation. Un peuple ne se respecte pas en lui jetant de l'argent à même le sol. Il se respecte en lui garantissant un emploi, une école de qualité, des soins accessibles, des routes, de l'eau, de l'électricité et la justice.
Et le peuple vous répond désormais à sa manière.
« Tata Sassou Mwuana Moundélé ? » (« Sassou est-il un enfant du Blanc ? »)
« Mouyouleno ? » (« Demandez-le-lui ! »)
Pourquoi cette interrogation ?
Parce que le peuple congolais estime que votre long maintien au pouvoir n'aurait pas été possible sans de solides soutiens extérieurs de la Françafrique.
Parce que de nombreuses interrogations demeurent sur la gouvernance du pays, sur l'endettement du Congo, sur l'utilisation des ressources publiques et sur les différentes affaires de biens mal acquis qui alimentent le débat public au fil des années.
Parce que, malgré les immenses richesses naturelles du Congo, les infrastructures indispensables au développement et à la dignité du peuple congolais restent insuffisantes.
Non, Denis Sassou Nguesso.
Enlevez vos lunettes noires.
Regardez enfin la réalité en face.
La réalité n'est pas celle des discours officiels.
La réalité est celle d'un peuple qui aspire à la justice, à la liberté, à l'alternance, à la réconciliation nationale et à la reconstruction de l'État.
Cette réalité porte aujourd'hui un nom :
ToPeSA.
. ToPeSA, pour la restauration de l'État.
. ToPeSA, pour l'union nationale.
. ToPeSA, pour bâtir le pont vers le Congo nouveau.
Le peuple est mon Dieu.
ToPeSA
Modeste Boukadia
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
Initiateur de ToPeSA
20 juillet 2026 - 12h06
SOURCE : https://www.facebook.com/share/v/1HM75iDQjM/?mibextid=wwXIfr
