24 juin 2026

Quand le Congo brûle, le Prince danse

Quand le Congo brûle, le Prince danse

Denis Sassou Nguesso avec Judith Suminwa Tuluka, Premier ministre de la République Démocratique du Congo

Quand le Congo brûle, le Prince danse

ToPeSA — Réflexion de Modeste Boukadia, Président du CDRC — Une Nation Pour Tous
Initiateur de ToPeSALe 24 juin 2026 – 05h28

Depuis quelques jours, les réseaux sociaux congolais et de la diaspora sont envahis d’images et de vidéos : celles du mariage d’une fille de Denis Sassou Nguesso, où l’on voit le chef de l’État danser, le sourire satisfait, tour à tour dans les bras de Judith Suminwa Tuluka, Premier ministre de la République Démocratique du Congo, et dans ceux de Cécilia Attias, ex-épouse de Nicolas Sarkozy.

La scène est belle, dira-t-on. Mais que dit-elle, en réalité, de l’état d’un pays et de ses dirigeants ?

Une fête, et tant de questions sans réponse

Qui a financé ce mariage ? Question légitime, question que ToPeSA pose sans détour, d’autant que tous les enfants de Denis Sassou Nguesso sont nés de liaisons adultérines non suivies de mariage subséquent du père et des mères. La République a-t-elle, une fois encore, mis ses moyens au service d’une cérémonie privée pendant que ses citoyens manquent de tout ?

Madame le Premier ministre de la République Démocratique du Congo n’avait-elle pas d’obligations plus urgentes ? Le débat sur la révision constitutionnelle secoue son pays. La guerre dans l’Est de la RDC continue de faucher des vies congolaises, chaque jour, chaque nuit. Un évènement privé, si protocolaire soit-il, pèse-t-il plus lourd que les morts de Goma, de Bukavu, de l’Est meurtri ?

Quant à Madame Cécilia Attias, ancienne Première dame de la République française, sait-elle qu’au Congo où elle danse avec un sourire heureux, les malades refusent d’aller dans les hôpitaux car ces lieux sont devenus des mouroirs, et que l’homme avec lequel elle danse pardonne volontiers aux ministres qui violentent leurs épouses ? Sait-elle que sa présence, en ces lieux et en ce moment, alimente malgré elle la défiance grandissante envers la France en Afrique ? À l’heure où les agissements de certains acteurs politiques et économiques français sur le continent sont dénoncés comme relevant d’un néocolonialisme persistant, chaque image de complaisance avec un pouvoir contesté nourrit le sentiment anti-français et intensifie la guerre informationnelle qui, déjà, fragilise l’image de la France en Afrique.

Denis Sassou Nguesso avec Cécilia Attias, ex-épouse de Nicolas Sarkozy

Le sourire d’un président, la misère d’un peuple

Comment Denis Sassou Nguesso peut-il afficher, sans gêne apparente, un sourire aussi satisfait, quand le pays qu’il dirige depuis 42 ans accumulés manque de l’essentiel ? Pas d’eau potable pour tous. Pas d’école digne de ce nom pour des générations entières. Pas d’hôpitaux dignes d’accueillir les malades. Pas de routes pour relier les villes et les villages. Pas d’investissement pour préparer l’avenir d’une jeunesse laissée, chaque jour davantage, sur le bord de la route. Que dire des salaires, des pensions et des bourses impayés depuis des lustres ? Un pays sans chemin de fer digne de ce nom ?

Le pays est hors contrôle dans la gestion de ses finances publiques — ce n’est pas ToPeSA qui le dit, c’est le FMI qui le constate.

Alors, est-ce cela chez Denis Sassou Nguesso, être président de la République ? Ou être Kani ? Ou encore être Franc-maçon ? Quelqu’un connaissant tout cela peut-il nous l’expliquer ? Je dis ça, je ne dis rien. Juste des questions pour tenter de comprendre pourquoi une telle cour autour de Denis Sassou Nguesso n’arrive pas à lui faire entendre raison que la maison brûle… Et l’on peut légitimement s’interroger sur le rôle de la Fondation Brazzaville, présidée par le prince Michael de Kent, cousin du roi Charles III, accusée par plusieurs enquêtes journalistiques britanniques de servir au blanchiment de l’image de Denis Sassou Nguesso sur la scène internationale.

Deux rives, une même indécence

Quel regard les dirigeants des nations partenaires peuvent-ils porter sur deux Congo dont les chefs, Judith Suminwa Tuluka (dont le nom Tuluka signifie « grandis et sois mature ») et Denis Sassou Nguesso, s’élancent dans la danse, pendant que leurs deux pays s’enfoncent dans des difficultés économiques et financières majeures ? Pendant que leurs populations manquent de sécurité, de santé, de quoi se nourrir, d’éducation, et que leur jeunesse — l’avenir même des deux rives du fleuve Congo — est sacrifiée sur l’autel de l’indifférence ?

Une image ne vaut rien en elle-même. Mais celle-ci, projetée au monde, dit tout d’une gouvernance qui a perdu le sens des priorités, et peut-être le sens du peuple lui-même.

Le Congo a une autre voie

Ce constat n’est pas une fatalité. Pendant que certains dansent, ToPeSA construit. Notre mouvement porte un programme structurel, pensé pour transformer le Congo autour de quatre piliers : la décolonisation mentale d’un peuple trop longtemps maintenu dans la résignation ; l’État de droit, seul rempart contre l’arbitraire ; la réconciliation nationale, sans laquelle aucune paix durable n’est possible ; et le développement souverain, qui replace enfin les Congolais au centre des décisions qui les concernent.

Congolaises, Congolais, de l’intérieur comme de la diaspora : l’heure n’est plus à regarder danser ceux qui devraient gouverner. Elle est de se lever, de s’unir, et de porter une alternative crédible, pacifique et structurée.

ToPeSA est cette voix et cette voie — le pont vers le Congo Nouveau. Rejoignez-le.

ToPeSA le redit avec gravité : le Congo n’a pas besoin de princes qui dansent. Il a besoin de dirigeants qui se lèvent — et d’un peuple qui se lève avec eux.

ToPeSA

Modeste Boukadia
Président du CDRC — Une Nation Pour Tous
Initiateur de ToPeSA