
« Maintien au pouvoir de Denis Sassou Nguesso » : le Peuple congolais ne veut plus de votre Sassou Nguesso
Nos anciens nous enseignaient cette sagesse :
« Quand tu blâmes le chien, blâme aussi le grelot. »Autrement dit, aucune responsabilité n’est jamais totalement solitaire.
Comment Denis Sassou Nguesso aurait-il pu, à lui seul, engager le Congo dans une dynamique de déstructuration progressive sans l’aval, explicite ou tacite, d’une partie de l’appareil d’État ? Sans l’approbation ou, à tout le moins, la passivité de certains magistrats, responsables politiques, officiers généraux, hauts cadres administratifs, voire de cercles se revendiquant comme espaces de libre pensée ?
La question n’est pas polémique. Elle est institutionnelle.
Où sont les voix — Henri Bouka, Auguste Iloki, Pierre Moussa, Jean-Dominique Okemba, Guy Blanchard Okoï, Gilbert Mokoki, Pierre Ngolo, Isidore Mvouba, Zéphyrin Mboulou, Charles Richard Mondjo, entre autres — face aux décisions majeures qui engagent l’avenir du Congo ?
Car lorsqu’un système perdure, ce n’est jamais par la seule volonté d’un homme.
C’est parce qu’autour de lui existent des soutiens, des validations, des silences.La responsabilité cesse d’être individuelle lorsqu’elle devient un fait collectif — lorsque le silence, l’acquiescement ou l’inaction finissent par tenir lieu de caution.
Ce qui se joue sous nos yeux n’est pas l’expression naturelle d’une compétition politique ouverte.
C’est
la mise en mouvement d’une architecture de maintien au pouvoir,
méthodiquement organisée, où la forme démocratique sert à habiller une
continuité programmée.
Les indices sont visibles. Lorsque l’essentiel des membres du gouvernement, des responsables administratifs et des relais institutionnels gravitent autour d’un même dispositif politique, la confusion entre l’État et la campagne devient manifeste.
Dans une démocratie authentique, l’appareil d’État est neutre.
Il ne soutient pas.
Il n’oriente pas.
Il n’accompagne pas une candidature.
Lorsque ceux qui détiennent les leviers publics — budgets, logistique, visibilité institutionnelle — se retrouvent au cœur du dispositif électoral, l’inégalité devient structurelle, le pays devient fragmenté.
Il ne s’agit plus d’une campagne.
Il s’agit d’une mécanique de reconduction.
La démocratie n’est pas seulement une procédure. Elle est une équité. Elle est une séparation claire entre la puissance publique et l’ambition personnelle
« Woua semba mboua, semba dibou. »
Nos anciens nous enseignaient cette sagesse :
« Quand tu blâmes le chien, blâme aussi le grelot. »
Ce proverbe ne se limite pas à une image rurale. Il porte une véritable philosophie politique.
Le
chien n’avance pas sans le grelot qui tinte à sa croupe. Le bruit que
l’on entend n’est pas seulement celui de l’animal, mais celui de l’objet
qui l’accompagne.
Autrement dit, la responsabilité ne s’arrête pas à celui qui agit. Elle englobe ceux qui autorisent, ceux qui soutiennent, ceux qui facilitent — et parfois ceux qui se taisent.
Dans nos traditions, le pouvoir n’était jamais isolé. Il était entouré de sages et de gardiens de l’équilibre. Lorsqu’un chef s’égarait, le conseil parlait. La légitimité reposait sur l’harmonie, non sur la peur.
Appliqué à notre situation nationale, ce proverbe nous invite à dépasser la personnalisation excessive du débat politique.
Un pouvoir qui dure est toujours le produit d’un système.
Et un système tient par des complicités actives ou des silences consentis.
Blâmer le chien sans interroger le grelot, c’est refuser d’examiner les mécanismes qui rendent possible la dérive.
Ainsi, la question n’est pas seulement celle d’un homme.
Elle est celle d’une architecture institutionnelle.
Elle est celle d’une élite.
Elle est celle d’une conscience collective.
Denis Sassou Nguesso aurait-il pu, à lui seul, engager notre pays dans une dynamique de déstructuration progressive sans l’aval, explicite ou tacite, d’une partie de l’appareil d’État ?
La question n’est pas polémique. Elle est institutionnelle.
Comment en sommes-nous arrivés à accepter des orientations économiques lourdes de conséquences, telles qu’une dévaluation du Franc CFA consentie par Denis Sassou Nguesso, susceptible d’aggraver les difficultés sociales, de fragiliser davantage notre souveraineté et, à terme, d’ébranler l’équilibre même de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale ?
Car derrière la question monétaire se profile une interrogation plus vaste : quelle alternative crédible dans un monde désormais structuré par de nouveaux rapports de force ?
Un monde où la doctrine « America First », incarnée par le Président Donald Trump, redéfinit les priorités stratégiques américaines et s’accompagne de propositions nouvelles, telles que l’idée d’un « Conseil de paix » destiné à intervenir dans certains conflits là où l’Organisation des Nations unies n’a pas réussi à imposer durablement la paix ;
où la Russie affirme sa puissance géopolitique ;
où la Chine consolide méthodiquement son influence économique ;
où la Turquie étend son activisme diplomatique et commercial ;
et
où la France traverse une phase de repositionnement stratégique en
Afrique, fragilisée par des choix passés ayant parfois privilégié la
continuité de certains régimes au détriment d’une relation renouvelée
avec les peuples.
Dans cet environnement multipolaire et institutionnellement instable, aucune région fragile ne peut survivre sans cohérence stratégique, sans discipline budgétaire collective et sans vision industrielle claire.
La souveraineté monétaire n’a de sens que si elle repose sur une souveraineté productive.
La stabilité politique n’a de sens que si elle repose sur la légitimité populaire.
Le drame du Congo n’est donc pas uniquement monétaire.
Il est structurel.
Il est politique.
Il est institutionnel.
Un pays ne sombre jamais par la seule volonté d’un homme.
Il vacille lorsque ses élites renoncent à leur devoir de vigilance, de conseil et, au besoin, de contradiction.
Le temps n’est plus aux postures.
Il est au sursaut.
ToPeSA est la voie.
ToPeSA est l’espoir.
ToPeSA est la concrétisation du Congo nouveau.
Mais toute voie commence par un geste.
Toute espérance commence par une main tendue.
Ce renouveau suppose d’accepter la main tendue, de se retrouver autour de l’esprit des pères fondateurs : Jacques Opangault, Simon-Pierre Kikhounga Ngot et Félix Tchicaya.
Retrouvons-nous au centre de notre forêt séculaire comme le fit le Président Fulbert Youlou.
C’est là que se fabrique le tam-tam.
Un tam-tam qui rassemble.
Un tam-tam qui remplace la peur par la confiance.
Un tam-tam entendu par tous, sans exclusion.
Le temps est venu de le faire résonner.
Sans peur.
Avec foi en l’avenir.
Et avec la conviction que l’unité nationale est une nécessité historique.
Modeste Boukadia
Initiateur de ToPeSA
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
18 février 2026 – 10h10