10 juillet 2026

Madame Françoise Joly, la protégée de monsieur Denis Sassou Nguesso

C’est inédit et lunaire dans les annales de la République du Congo. Le beau plumage de monsieur Denis Sassou Nguesso vient de prendre un sacré coup de plomb.

Loin de la terre de nos ancêtres devenue une prison à ciel ouvert, un mouroir, nous avons et continuerons toujours à dénoncer la mauvaise gouvernance qui sévit au Congo-Brazzaville au nom du sacro-saint principe de la liberté d’expression garantie par la Constitution congolaise, dans les démocraties, et crainte par les dictatures.

Parler de madame Françoise Joly, ministre et Représentante personnelle de monsieur Denis Sassou Nguesso, personnalité politiquement exposée, nous a valu un communiqué de la présidence de la République du Congo le 01 mars 2024. Pourquoi seulement cette collaboratrice quand bon nombre des membres du gouvernement congolais sont critiqués pour leur incurie ou frasque depuis l’existence de la République du Congo ? Il y a anguille sous roche.

Il sied de rappeler aux autorités congolaises en place qu’il est de notre devoir en tant que vigie de la République, citoyen du Congo-Brazzaville de se questionner et s’interroger sur le fonctionnement de nos institutions qui hélas jour après jour tire notre pays vers les bas-fonds de l’indicible ; c’est le cas au vu du communiqué de la Présidence de la République.

À l’heure où le Rwanda fait feu de toute part afin d’infiltrer et prendre le contrôle de nos institutions au nez et à la barbe de nos autorités, signe des accords (notamment de Défense) non ratifiés par le parlement congolais, s’accapare de nos terres portant ainsi atteinte à notre souveraineté en mettant en péril notre cohésion nationale, la présence de madame Françoise Joly d’origine rwandaise au côté de monsieur Denis Sassou Nguesso suscite de vives inquiétudes qui relèvent de la haute trahison car notre pays le Congo-Brazzaville est en pilotage automatique depuis le Rwanda.

Le dessein funeste du Rwanda au Congo-Brazzaville, nonobstant nos relations fraternelles, est une opération à long terme qui vise dans les décennies à venir à placer dans les plus hautes sphères de l’État congolais des sujets congolais d’origine rwandaise, au service du Rwanda comme cela se fait déjà en République démocratique du Congo (RDC) avec la guerre qui sévit dans l’Est de la RDC. « L’Histoire ne se répète pas, elle bégaie ».

Le Rwanda est un petit pays (26338 km² de superficie) avec une population de 13,46 millions d’habitants (2021). Ne pouvant légitiment pousser ses frontières, ce dernier se livre à une politique expansionniste à travers l’acquisition des terres dans les pays tiers en y exportant sa population qui sert aussi de mercenaires à travers des accords militaires, à l’ingérence dans la politique intérieure par le placement des personnalités influentes telles que madame Françoise Joly au Congo-Brazzaville, à l’annexion des terres pour l’exploitation des ressources naturelles pour le compte des Occidentaux comme dans l’Est de la RDC provoquant ainsi des guerres inutiles avec des millions des morts. Notre culture bantoue incite au bon voisinage et non à la perfidie.

Aucune attaque injustifiée ni xénophobe ne vise madame Françoise Joly ni des Sang-mêlé congolais, à moins que la Présidence de la République du Congo ne reconnaisse à demi-mot que nos inquiétudes sont fondées, notre pays progressant à hue et à dia ; en tout cas elles le sont au vu du communiqué belliqueux, menaçant à l’endroit des Congolaises et des Congolais que nous sommes, signé par le ministre d’État, directeur de Cabinet de monsieur Denis Sassou Nguesso. Pour rappel le mois de mars est de triste mémoire pour le peuple congolais car il donne lieu à toutes les exactions et magouilles de l’histoire tragique de notre pays.

Nous avons été peinés comme d’habitude du fiasco du séjour de monsieur Denis Sassou Nguesso aux Émirats arabes unis. Ce dernier n’était pas attendu par les autorités locales, comme ce fût le cas lors de la vraie-fausse visite à monsieur Donald Trump, Président élu des États-Unis d’Amérique (USA). Ce fiasco diplomatique aux Émirats arabes unis est l’œuvre de madame Françoise Joly en charge des réseaux émiratis ; à noter lors de cette escapade touristique l’absence très remarquée des ministres des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. C’est la diplomatie des pieds nickelés. Dans ce contexte, l’on ne peut que s’étonner de la loyauté, du professionnalisme et du dévouement de madame Françoise Joly qui ridiculise notre beau pays le Congo-Brazzaville à l’international. Les femmes de l’URFC (Union révolutionnaires de femmes du Congo) auraient fait mieux et ce ne sont pas des talents qui manquent parmi elles.

Le Congo-Brazzaville va mal du fait de la mauvaise gouvernance clanique et tribaliste de ses dirigeants qui de scandale en scandale abîme l’image de notre pays sur la scène internationale.

Le vol des 14 milles milliards de francs CFA des générations futures, les frasques financières de la famille Sassou Nguesso et du clan, les détournements des deniers publics tels que le Figagate censés aider la jeunesse, l’exploitation anarchique du pétrole et du gaz par des sociétés fictives, la vraie-fausse inauguration de l’exportation du GNL « italien » en tournant un « volant » du pipeline de la Compagnie Électrique du Congo (CEC S.A.) de Pointe-Noire, l’insécurité galopante perturbant la tranquillité des paisibles citoyens, l’injustice sociale, l’incarcération des prisonniers politiques, la violation quotidienne des droits humains, le non-respect des institutions publiques par les membres de la nomenklatura qui se croient au-dessus des lois, la corruption, la gabegie, le vol des deniers publics en bande organisée, la tribalisation de la fonction publique et de l’armée, les exécutions extra-judiciaires sont entre autres autant de faits qui nuisent au rayonnement de notre pays et à sa concorde nationale.

Madame Françoise Joly, l’arbre qui cache la forêt de la déchéance de notre pays, peut avoir la confiance aveugle de monsieur Denis Sassou Nguesso, mais ce dernier a perdu la confiance du peuple congolais qui vit un calvaire au quotidien sans eau potable, ni d’électricité, ni de systèmes de soins de santé basiques, ni de structures scolaires décentes, ni d’infrastructures dignes, etc.

Nous aurions préféré un communiqué de la Présidence de la République du Congo annonçant un dialogue national inclusif avec la libération des prisonniers politiques et le rétablissement des libertés fondamentales, au lieu de nous distraire avec un communiqué sur madame Françoise Joly dont les compétences avec engagement et abnégation restent à démontrer devant le délabrement de notre pays.

Le peuple congolais n’est ni xénophobe, ni haineux, ni ordurier, ni calomnieux, mais soucieux de son avenir qui s’écrit en pointillé car pris en otage par la pieuvre qui nous étrangle.

En aucun cas nous ne sommes les ennemis de la République lorsque nous dénonçons avec véhémence les manquements constatés dans la gestion de la chose publique.

À partir du moment où l’on s’est engagé politiquement, nous assumons les conséquences et le risques de nos actes. La République du Congo doit rassembler ses filles et ses Fils au lieu de les menacer sans vergogne afin de les réduire au silence par la paix des cimetières tant chère à cette dictature.

Le vent du changement souffle sur le continent africain et personne n’y échappera pour le bien-être de nos populations. En démocratie, seul le peuple, le souverain primaire, juge ses dirigeants car le pouvoir rend fou, et le fou ne rend pas le pouvoir que le peuple lui a confié par délégation.

Nous avons le Congo-Brazzaville en partage, et la balle est dans votre camp n’ayant pas des armes pour vous faire déguerpir au prix des cadavres de nos compatriotes. Vous n’êtes pas nos ennemis, mais nos adversaires politiques.

L’affaire de madame Françoise Joly n’est qu’un épiphénomène qui n’a pour seul but que de nous distraire quand l’essentiel est ailleurs, le Congo-Brazzaville d’abord.

C’est feu le Président Marien Ngouabi qui disait le 13 mars 1977, son dernier discours à la place de l’hôtel de ville de Brazzaville : « Lorsque ton pays est sale et manque de paix durable, tu ne peux lui rendre sa propreté et son unité qu’en le lavant avec ton sang ».

La suite on la connait, on peut tuer des gens, mais les idées ne meurent jamais.

Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

SOURCE : https://zenga-mambu.com/2024/03/03/madame-francoise-joly-la-protegee-de-monsieur-denis-sassou-nguesso/


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