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14 février 2011

TRIBUNE LIBRE : Tous les chefs d'Etat français sont des terroristes

Tribune Libre : Tous les chefs d'État français sont des terroristes

Le terroriste c'est le partisan ou l'acteur du terrorisme. Et le terrorisme c'est l'emploi de la terreur.
Selon le dictionnaire français et nom d'une autre langue, le terrorisme fait référence à l'emploi de la terreur par un régime dictatorial dans un pays donné. Cela est bien défini surtout lorsqu'on se rappelle de la France bonapartiste. Mais le terrorisme après la Deuxième Guerre mondiale, a été vite identifié de manière différente à travers le monde.

Cette activité est aussi comptable aux États, le cas de l'État français qui continue de pratiquer du terrorisme en Afrique, est une forme de terrorisme qui passe sous silence la vigilance des intellectuels africains et français en France et en Afrique. La cadence de la mondialisation et la marque de coopération nous font perdre de vue tous les crimes qui s'accompagnent avec la coopération. Le franc CFA en exemple, est une forme de terrorisme monétaire que la France a imposée aux États africains, alors que La France n'utilise de nos jour que la monnaie choisie dans sa communauté, appelée communauté européenne. Une autre escroquerie troublante. Je dis bien que c'est du terrorisme monétaire d'autres exemples sont légion.

La malhonnêteté des politiciens dans le monde surtout occidental assimile ce mot de terrorisme à des groupes donnés qui agissent sous l'étiquette d'un fondamentalisme religieux. Et tous les faux historiens français sans compter des faux critiques politiques se lancent dans une campagne de dénigrement et de confiscation de la vérité en épinglant tel groupe ou tel autre groupe religieux dans le monde.

Mais curieusement, ces historiens français et critiques politiques sont incapables par simplement malhonnêteté intellectuelle de lire et d'analyser une forme de terrorisme planifié et dirigé par des autorités françaises de toutes les républiques qui défilent dans ce pays en ayant comme champ d'expérimentation de leur terrorisme : l'Afrique, sous le mensonge d'État appelé coopération.
Eh oui, la coopération, cette dernière arnaque, est une méthode de recours à une forme d'amitié opérée entre États (personnalités morales), selon la forme du cadre juridique choisi et parfois imposé par le plus fort.

Puis finalement l'amitié entre individus (personnalités physiques), c'est-à-dire entre les signataires que sont des chefs d'État et leurs ministres, parfois au détriment des intérêts de la nation ou de la population. Cette coopération étant fondée sur les intérêts de chaque pays selon les besoins ressentis sur tout ce qui attire les uns et les autres est un préalable dans tout accord signé sur le plan bilatéral en tenant compte des domaines de priorité bien ciblés. C'est ainsi que chaque partie y trouve son compte dans cette coopération, sur le plan culturel, socio-éducatif, commercial sans compter des questions de sécurité qui peuvent s'y ajouter, et, pour cela, certains pays ou certains États ont accepté de signer des tels accords militaires en ouvrant l'œil.

Cependant, dans cette forme d'arnaque moderne, les pays occidentaux, dont la France, tirent le maximum de profit en pratiquant du terrorisme. Par exemple: les prix des ressources du sol et du sol des pays africains sont fixés par les Occidentaux et surtout la France. Cet épisode est pourtant moins criant. En outre l'on sait bien que la technologie n'est pas développée en Afrique. Voilà pourquoi l'industrialisation est balbutiante.

Mais, ce que l'on constate dangereusement pour la vie des Africains avec la France et ses dirigeants, c'est que tous ne viennent pas en Afrique pour pratiquer une coopération saine avec les pays ou les États africains, mais avant toute chose, les dirigeants français de tout bord, privés ou étatiques, viennent faire de la coopération terroriste avec les pays africains en programmant des deuils dans les familles. Depuis la date de l'indépendance en 1960, les Français ont tant endeuillé les peuples africains comme si la colonisation a traversé l'année 1960.

Pour étayer cette question qui devient une préoccupation de tous les fils dignes d'Afrique, il faut regarder comment l'Afrique est dirigée. Certes, la responsabilité des Africains est quelque chose qui mérite une critique. Mais devant la puissance du colonisateur, il est difficile que d'opposer un argument contraire.

Que sont-ils ces dirigeants africains? Comment parviennent-ils à devenir chefs d'État en période de démocratisation de l'Afrique? Et comment se comportent-ils devant leurs peuples? Pour la grande majorité d'entre eux, on y trouve des chefs d'État dictateurs venus au pouvoir par l'aide de la France, soit par coup d'État militaire sanglant, soit par une élection truquée par l'aide et le soutien de la France. Et lorsque les populations boudent un chef d'État tricheur, le cas d'Ali Bongo, Sassou et autre…, dans leur stratégie, les autorités françaises se précipitent sans honte d'envoyer des troupes dans ce pays-là en brandissant toujours la même raison de la sécurisation de leurs ressortissants: une raison mensongère qui confirme bien que les visées de la France et ses dirigeants sont plutôt ailleurs.

Si vous regardez au Congo Brazzaville, au Tchad en Centrafrique et au Gabon, c'est la même signature de la France.
De telles méthodes s'appellent du terrorisme ouvert. Partout en Afrique, les populations sont terrorisées par des Français.

Avec la situation qui va bientôt prendre de l'ampleur au Gabon, et comme en 1964, l'armée française va voler au secours d'Ali Bongo, car on voit bien l'attitude de la France. Là où la France a des intérêts, les populations sont rendues à l'état d'esclavages pour voir la France soutenir uniquement son représentant. Voilà!

Les Tchadiens l'ont subi il y'a quelque temps. La France a effacé la rébellion juste et honorable du Tchad, cette rébellion qui voulait renverser le dictateur, en estimant qu'Idriss Deby trichera toujours à l'élection. Mais la même France n'a aucun intérêt à balayer la rébellion de Ouattara, car La France a bien prouvé aux yeux du monde que cette rébellion de Ouattara est également la sienne.

Comment comprendre que pour le cas de la Côte d'Ivoire, il n'y a que Sarkozy qui intervient avec une fougue hitlérienne qu'on se demande quelle est la vraie raison d'une telle option à se présenter comme un petit Dieu qui vient appendre l'évangile à ses fidèles? Et quel type d'évangile? Des menaces, des interdictions, des mises en garde. Est-ce que les pays d'Afrique sont des propriétés de la France? Est-ce que les dirigeants français ont une conscience pour comprendre que les Noirs ne sont pas des animaux? Est-ce que les Français peuvent-ils par l'accumulation des notions scientifiques, acquises, réussir à fabriquer un humain surtout de race noire?

Si l'on prend le cas du Gabon : pendant que les populations gabonaises luttent pour leur liberté, leur souveraineté et leur indépendance, la France leur impose à nouveau un dirigeant non élu, à l'instar d'Omar Bongo que la France avait collé au peuple gabonais en 1960 pour les mêmes raisons d'intérêts, en le plaçant comme pion dans le cabinet de Léon-Mba.

Cela est clair et net que la situation d'imposture qui règne au Gabon a pour parrains les dirigeants français.

Pourtant l'on sait bien que les Africains n'ont aucune force de vider les intérêts français en Afrique, mais les dirigeants français se permettent quand même de pratiquer du terrorisme. Car pour les autorités françaises, le principe de domination des Noirs mêmes les plus instruits que certains français est une idéologie bien appropriée. Ils n'ont aucun respect. Les exemples sont bien clairs. Prenons le cas du professeur Pascal Lissouba qui a été admiré et apprécié par le général de Gaulle. Nombre de Français à la culture intellectuelle très limitée l'ont bien haï en lui manquant du respect pour sa lutte contre le colonialisme. Il a été renversé par la France en utilisant des marionnettes comme Sassou et Do Santos.

Aujourd'hui et maintenant, nous demandons aux autorités françaises et tous les Français mercantilistes de respecter les Africains.

Nous demandons aux autorités françaises de respecter les principes des droits de l'homme.
Nous demandons aux autorités françaises d'arrêter le pillage des ressources d'Afrique.
Nous demandons aux autorités françaises d'arrêter de tuer les fils d'Afrique.
Enfin, nous demandons aux autorités françaises de considérer les pays d'Afrique en tant que partenaires économiques égaux en respectant leur souveraineté telle que cela est inscrit dans le droit international à l'ONU.

Vive l'Afrique!
Vive les Africains luttant pour leur liberté!

Gervais Mboumba, militant des droits de l'homme


Dimanche 13 Février 2011
SOURCE : http://www.lvdpg.org/Tribune-Libre-Tous-les-chefs-d-Etat-francais-sont-des-terroristes_a8305.html

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"L'ascension sociale se faisant sans échelle, ceux qui se dégagent et s'élèvent ne peuvent que monter sur les épaules et sur la tête de ceux qu'ils enfoncent.."
(Lanza Del Vasto).

10 février 2011

[COTE D'IVOIRE] L'unique solution au-dela du recompte des voix : La reorganisation des elections pour sortir de la crise

L'unique solution au-delà du recompte des voix / Isaac pierre Bangoret (Ecrivain) : ''La réorganisation des élections pour sortir de la crise ivoirienne''
Publié le mercredi 9 février 2011   |  L'intelligent d'Abidjan



La Côte d'Ivoire est souveraine ; aucune puissance politique, économique, militaire ne peut imposer à sa société civile un président autre que celui désigné, de manière solennelle par ses Institutions.

Il n'appartenait ni aux mass-médias ni à un fonctionnaire de l'ONU de jouer ce rôle qu'incombe au conseil constitutionnel de notre pays. Ce fonctionnaire se devait de communiquer les résultats définitifs et non des résultats provisoires. L'attitude fébrile de Choi, durant ces élections, dévoile la mission sécrète de l'ONU en Côte d'Ivoire : les agresseurs (les rebelles) ont été protégés depuis leur coup d'état manqué dans le but de créer les conditions favorables à un coup d'état électoral.

Disons aux experts des sciences politiques ou des stratégies militaires que nous sommes en Côte d'Ivoire face à un dilemme, appelé en politique internationale, le dilemme prisonnier à cause de l'attitude partiale des forces dites impartiales (ONU et forces françaises). Ce dilemme est cette théorie des jeux où les deux joueurs auraient intérêt à coopérer, mais les incitations à trahir l'autre sont si fortes que la coopération n'est jamais sélectionnée par un jour rationnel, surtout lorsque le jeu est joué qu'une fois. Les protagonistes de ce jeu (les élections en Côte d'Ivoire) sont Gbagbo et son camp, opposé à Alassane, sa République du Nord protégée par l'ONU et les forces françaises. Laurent Gbagbo, dès le premier coup d'état manqué de l'armée d'Alassane, a été informé certainement des intentions de ce dernier par les personnes du Nord comme le célèbre journaliste Ben Soumahoro qui se sont désolidarisés d'Alassane Ouattara parce qu'ils refusèrent l'usage de la force pour amener au pouvoir un ressortissant du Nord. Cette prudence extrême de Gbagbo, face à de tels adversaires politiques lui a valu le nom de boulanger. L'on trouve qu'il ne respecte jamais ses accords pour la simple raison qu'il est souvent amené, malgré lui, à reconsidérer ses positions vis-à-vis de ses adversaires politiques toujours prêts à exploiter ses moindres failles pour lui assener un coup fatal. Deux exemples concrets pour étayer nos dires.

Aucun intellectuel ou fonctionnaire international ne s'oppose aux propos outrageants utilisés par Alassane quand il s'adresse à Gbagbo qu'il traite de fruit pourri, de fou et de cambrioleur. Après ces insultes qui expriment toute la haine, l'aversion pour son adversaire politique, il lui propose paradoxalement, une retraite paisible d'ancien président. Le même Alassane nous parle, à la télévision, de plusieurs scenarios pour enlever Gbagbo et lui demande ensuite de lever le blocus de golf (une histoire de fou). Soyons séreux ; un homme sensé lèverait-il ce blocus conscient du plan élaboré par son adversaire politique qui veut tout résoudre au moyen de la force dite légitime ? Nous sommes conscients d'avoir en face une république du Nord déjà constituée qui attend les bombardements des occidentaux pour se substituer en la république de Côte d'Ivoire. Le gouvernement formé par Alassane confirme nos dires puisqu'il dévoile ses pensées secrètes. Le principe de toute alliance politique aurait voulu que le poste de Premier ministre soit attribué à un baron du PDCI (ce grand parti allié au RDR, le parti d'Alassane), toutes les personnes nommées proviennent étrangement du Nord de la Côte d'Ivoire. La république du Nord prend ainsi progressivement forme. Le PDCI est seulement pris en otage et utilisé comme un bouc-émissaire, puisqu'il convient de réduire l'impact de ce parti dans les prochaines élections. Pour amener les Baoulé et les hommes de l'Ouest à s'éliminer (à s'exterminer), il lui faudrait seulement susciter des incidents susceptibles d'être source de conflits entre ces groupes ethniques. Cette crise postélectorale suscitée surtout par les alliés occidentaux d'Alassane et l'ONU qui ont désigné, à la place des Institutions et de la société civile ivoirienne le président de leur choix, nous introduit dans le contexte politique du dilemme du prisonnier, où les différents protagonistes ne peuvent plus se faire confiance et collaborer franchement. Deux solutions s'offrent donc à nous pour éviter le chaos ; le recompte des voix ou la réorganisation sur l'ensemble du territoire ivoirien, du second tour des élections, puisque de nombreuses personnes ont voté sous la pression des armes, même dans des zones où l'on n'a apparemment pas relevé des fraudes. Les pays africains non-francophones sous la tutelle de l'UA, veillerait à son bon déroulement, après la dissolution de la république du Nord, le désarmement de l'armée d'Alassane, le rappel des ambassadeurs, la réunification du pays. Toute solution qui chercherait à obliger les deux camps à collaborer, de nouveau, nous conduire au chaos, puisqu'il a constaté une implication flagrante des forces dites impartiales dans la planification d'un coup d'Etat électoral. Ces deux solutions ne sont certes pas conformes à notre constitution, mais nous nous devons malheureusement de choisir entre l'injustice et le chaos. Le recompte des voix permettra à notre pays d'éviter des dépenses inutiles qui exigeraient une réorganisation des élections .Si l'ONU et le Camp d'Alassane sont sûrs de leur victoire, ils n'ont rien à craindre. Retirer Alassane et Gbagbo pendant deux ans ne changerait rien à la crise ivoirienne puisque les causes défendues par ces deniers survivront à leurs personnes. Que Dieu bénisse le panel des chefs d'Etat africains.

Isaac pierre Bangoret (Ecrivain)

SOURCE : http://news.abidjan.net/h/390694.html

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"Changer de régime et améliorer les lois sans changer les hommes et les rendre meilleurs, c'est comme balayer la chambre sans ouvrir la fenêtre; la poussière soulevée (celle du moins qui n'aura pas été avalée) retombera d'où elle vient" (Lanza Del Vasto).


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"L'ascension sociale se faisant sans échelle, ceux qui se dégagent et s'élèvent ne peuvent que monter sur les épaules et sur la tête de ceux qu'ils enfoncent.." (Lanza Del Vasto).

7 février 2011

Vaste réseau de trafic de drogue et de blanchiment avec ramifications en Afrique et au Congo-Brazzaville

par Etienne AVOUAMPO

« L’Afrique est devenue une importante plaque-tournante du trafic de cocaïne et, depuis plusieurs décennies, d'autres drogues. L'arrivée massive de l’argent des stupéfiants pose une nouvelle fois le problème de la corruption (classe politique, justice, police) et de la faiblesse de l’Etat de droit dans beaucoup de pays africains, comme dans d'autres régions », écrit RFI après que les autorités américaines aient placé sur leur liste noire le Libanais Ayman Joumaa, présenté comme étant au centre d’un trafic de cocaïne.

 
Dans cette liste figurent également  Jamal Mohamad Kharoubi et Ali Mohammed Karroubi. « Ali Mohammed Karoubi possède la société Ellissa Holding, qui figure sur la liste noire », précise l'agence OFAC.

Or Ellisa Group est présent au Congo Brazzaville,
. Selon eux si l'empire du mal, devait avoir un siège social dans un pays où à Pointe-Noire, son directeur administratif étant M. Youssef Kharoubi (un parent du Pdg Ali Kharoubi, sauf erreur) ainsi que l’indique par ailleurs le site internet de la société.

De quoi accréditer l’idée avancée par les détracteurs du régime de Mpilasa tranquillité serait assurée, dans lequel aucune enquête criminelle mêmes celles liées au terrorisme a abouti, dont la monnaie et les transactions bancaires au moins garanties avec l'Union Européenne, ce pays serait sans aucun doute situé sur la rive droite du fleuve Congo.
Pour ces derniers pas de quoi s’étonner que le Département du Trésor Américain ait pointé une entreprise dont une filiale se trouve également à Pointe Noire, au Congo.
Il n’est point nécessaire d'ajouter quoi que ce soit aux problèmes de ces structures accueillies à bras ouverts à Brazzaville, avancent les pourfendeurs du régime. Et d'affirmer que toutes ces entreprises pour le moins douteuses qui ont prospéré sur le sol congolais n'ont pu le faire sans l'association active d'un ou de plusieurs membres du clan au pouvoir.

Dès lors, ajoute un bon connaisseur des moeurs politiques du pays, ne pourrait-on pas croire, en plus du détournement des ressources pétrolières, que ce clan ait profité de revenus considérables de toutes sortes de trafics : bois, minerais, hydrocarbures et drogues. Sans oublier le plus colossal d'entre tous : les fausses dettes !

Référence absolue de M. Pacifique Issoïbeka : l’ancien ministre des Finances avait en effet lui-même déclaré à l'Assemblée nationale que « 65% des marchés sont bidon » ! Sinon « comment un individu normal, encore plus un Congolais, dont la famille n'avait pas de fortune notoire, peut-il s'offrir à l'année une suite dans un palace parisien à 7 millions de FCFA par jour ? » poursuit ce dernier. « Seuls les individus liés à nombre de trafics peuvent se permettre pareille dépense. A moins de détenir, mais cela nous l'aurions su, une entreprise industrielle ou commerciale internationalement et honorablement connue » tranche-t-il.

Faut-il croire que la branche sur laquelle ce pouvoir est assis, depuis plus de temps que Ben Ali a été président, faut-il croire cette que branche est pourrie ? Dans l'affirmative, tout ce clan ne pourra pas y tenir encore bien longtemps.

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Blanchiment d’Argent et Activités illicites aux États-Unis
Des Ambassades Africaines Interdites de Compte Bancaire aux USA


Dix-sept représentations diplomatiques africaines auprès des USA sont désormais interdites d'ouvrir un compte bancaire dans toute banque sur le territoire américain. Le département d'Etat et l'Union Africaine unissent leurs efforts pour endiguer ces maux.

Ceux qui commettent des coups de vol et autres larcins en Afrique puis trouvent le moyen de venir se réfugier aux USA ne sont plus du tout en sécurité.  

Une délégation de juristes américains venus rencontré des responsables de l'Union Africaine à Addis-Abeba (Ethiopie), ont en effet décidé de se donner la main pour traquer les hors-la-loi recherchés dans l'une ou l'autre des rives de l'Atlantique.

Les deux parties se sont entendues pour partager des informations sur d'éventuels criminels et leurs mouvements. Cette collaboration judiciaire américano-africaine n'épargne pas les hauts cadres des administrations publiques et des entrepreneurs politiques coupables de détournement de deniers publics dans leurs pays et qui ont pris la fâcheuse habitude de les déposer à l'étranger.

Avant même d'effectuer le voyage pour Addis-Abeba, les Américains ont frappé fort. Pas moins de 17 représentations diplomatiques africaines auprès des USA sont désormais interdites d'ouvrir un compte dans toute banque sur le territoire américain.

"Les banques américaines suspectent ces représentations diplomatiques africaines d’opérer des transferts dont la nature pourrait ne pas être tout le temps liée au travail de l’ambassade et de son personnel", explique le département d’Etat (ministère des Affaires étrangères) américain.

Il s'agit, entre autres, de l'Angola, du Burkina-Faso, du Burundi, du Cap-Vert, de la Centrafrique, de la RDC, du Congo Brazzaville, de la Guinée équatoriale, de la Gambie, du Lesotho, de Madagascar, du Malawi, de la Mauritanie, du Mozambique.

La chancellerie du pays des hommes intègres du "beau Blaise", tombeur de Thomas SANKARA, le Burkina Faso aux Etats-Unis figurent parmi les dix-sept représentations diplomatiques africaines interdites, jusqu’à nouvel ordre, d’ouvrir un compte dans toute banque sur le territoire américain.

S’agissant du Burkina Faso de Blaise COMPAORÉ dont le rôle actif dans la rébellion armée qui occupe une partie du territoire ivoirien depuis 2002 est largement établi, aucun observateur attentif ne peut se dire surpris de sa présence sur la liste dressée par les Américains. D’autant plus que nul n’ignore que la rébellion armée exploite de façon illicite le diamant, le cacao, l’or de la Côte d’Ivoire qu’elle vend sur le marché noir via le Burkina Faso.

Des sources concordantes soutiennent que des personnalités burkinabé seraient complices du blanchiment des milliards de F CFA emportés par les rebelles lors des casses en 2003 et 2004 des agences de la BCEAO à Man, Bouaké et Korhogo (zones occupées par la rébellion armée).

La proximité entre "le beau Blaise" et les différents chefs rebelles ivoiriens constitue un véritable secret de polichinelle.

Cette liste a été dressée à l'issue d'une investigation du Congrès américain sur la corruption et l'utilisation des banques américaines pour des activités de blanchiment d'argent par les autorités des pays du continent noir, souligne une note déposée dans les ambassades.

C'est donc par précaution, que les Américains demandent la fermeture des comptes bancaires des ambassades africaines et une vingtaine d'autres des pays asiatiques et sud-américains.

Selon des sources dignes de foi, des dispositions similaires viennent d'être prises à l'encontre des missions diplomatiques représentant la quasi-totalité des pays d'Afrique, d'Asie et Amérique latine aux Nations unies à New-York.   

Les deux parties réunies à Addis-Abéba le 17 décembre 2010 dernier ont également décidé de mener une ferme collaboration sur deux autres fronts.

D'abord la lutte contre la corruption. Sur ce chantier, les représentants africains et américains se sont entendus pour impliquer désormais dans la bataille autant les fonctionnaires que des businessmen.

Egalement d'établir des échanges d'informations entre les multiples agences régionales de lutte contre la corruption implantées en Afrique. Cette collaboration ainsi planifiée sur une large base milite pour l'établissement des lois visant à renforcer la lutte contre la corruption.  

L'autre point fut la bataille à mener communément contre les trafics de stupéfiants et des personnes.

A Addis-Abeba les participants ont décidé de mettre sur pied un système rapide et efficace de partager les informations sur les mouvements des trafiquants et des abus sur des personnes.

De même qu'ils recommandent la perméabilité des frontières pour traquer les trafiquants où qu'ils se trouvent. Une guerre totale.

1 février 2011

[DOSSIER CÔTE D'IVOIRE] La double face et le double langage de la France

LA DOUBLE FACE ET LE DOUBLE LANGAGE DE LA FRANCE


« Les promesses n'engagent
que ceux qui les reçoivent »
Jacques Chirac


Au sommet des Chefs d'Etat africains qui s'est tenu à Addis-Abeba, en Ethiopie, les 30 et 31 janvier 2011, et où s'est fait inviter le président français, M. Nicolas Sarkozy, beaucoup de choses s'y sont passées et dites.

Le voyage du président français dans la capitale de l'Afrique, Addis-Abeba, qui abrite les institutions de l'Union Africaine (UA), n'était pas pour une villégiature. Dans son programme, le dossier de la crise de la Côte d'Ivoire, très probablement ouverte par la France il y a dix ans déjà. Il n'y est pas allé dans l'intention de trouver une ou des solutions de paix, mais bien plus pour convaincre les « moutons » et les « affranchis » de la Françafrique afin que ces derniers obéissent au doigt et à l'œil à ses injonctions et autres ultimatums.

Le président Sarkozy aurait certainement réussi son opération de « lavage de cerveau » si, dès le départ, il n'avait pas commencé par tonner, par rugir comme un lion en cage. Dès lors, même ceux qui abondaient dans le même sens que lui étaient obligés de se poser des questions et, in fine, de se rétracter, car ils ont compris qu'ils ont failli se faire berner par la France. Ils ont compris tout de suite que l'affaire de la Côte d'Ivoire n'était plus une affaire de malentendu électoral, mais bien une affaire personnelle entre la France (Sarkozy) et Laurent Gbagbo. Ils ont donc compris que le président Sarkozy voudrait se servir d'eux pour régler ses comptes à Laurent Gbagbo, de la même manière qu'il a manipulé Barak Obama via son ambassadeur en Côte d'Ivoire et CHOÏ, le Coréen qui est allé chercher l'homme de Ouattara à la CEI pour donner tout de suite les résultats provisoires, nous disons bien provisoires, mais que les putschistes qui se cachent derrière le panneau « Communauté internationale » ont très vite transformés en « RESULTATS DEFINITIFS », foulant aux pieds le Conseil Constitutionnel, la plus haute institution du pays.

Pour mieux discréditer nos institutions, la France a vite fait de répandre la rumeur selon laquelle cette institution était acquise et aux ordres de Laurent Gbagbo.

Et en France, au jour d'aujourd'hui, les deux chambres du parlement (Sénat et Assemblée nationale) ne sont-elles pas sous le contrôle de la Droite ? Dirons-nous que toutes les décisions, toutes les lois qui émanent de ces deux chambres du parlement français sont teintées de magouilles ou frappées de nullité parce que sous le contrôle et aux ordres du président de la République, M. Sarkozy ?

Alors, que disent la France et le Président Sarkozy de cette fameuse CEI dont la majorité est détenue par les proches du tandem Ouattara/Soro, les deux seigneurs de guerre ?

Aujoud'hui, le ton du discours a changé. Il est devenu mielleux dans l'espoir d'attraper plus de mouches. Mais un proverbe congolais dit : « Le sac d'un idiot, on ne le fouille qu'une seule fois ». Pour ce faire, voici quelques extraits de la potion somnifère du président français pour cette opération de charme, pour mieux les endormir. Manière de vouloir leur montrer qu'il y est allé en ami et qu'il les respecte :

« Je suis convaincu depuis bien longtemps que l'Afrique n'a pas la place qui lui revient dans les gouvernances internationales. Alors, puisque le président de l'« Assemblée générale des Nations unies » est ici (siège de la Commission économique africaine, Addis-Abeba. Ndlr) et que le Secrétaire général des Nations unies est ici, je leur dis : faites la réforme du Conseil de sécurité dès cette année. N'attendez pas. La France vous soutiendra.

« Prenez des décisions. Elargissez le nombre des membres du Conseil de sécurité Reconnaissez aux milliards d'Africains la place à laquelle ils ont droit et la France vous soutiendra. Cela fait trente ans qu'on parle de la réforme, je vous propose qu'on la fasse en cette année 2011.

« Les éléments sont sur la table, on sait qu'il faut augmenter le nombre des membres du Conseil de sécurité sans passer par une réforme intérimaire. Ne créons pas un groupe de travail. Cessons les débats et réalisons la promesse pour associer l'Afrique, le continent latino américain et d'autres partenaires à ce Conseil de sécurité.

« si le Conseil de sécurité représente le monde dans sa diversité, alors il n'y aura besoin d'autres organisations. Et si d'autres organisation ont été créées, c'est parce qu'on n'arrivait pas à débloquer la réforme du Conseil de sécurité.

« La France respecte la souveraineté des Etats et le droit des peuples à se déterminer eux-mêmes. Elle ne veut ni donner de leçon, ni chercher à imposer un modèle. Au nom de quoi le pourrait-elle ? (…) Mais, chaque Etat se doit de respecter les valeurs comme celles contenues dans la Charte des « Nations unies » et l'Acte constitutif de l'« Union africaine ».

« Tous les hommes, tous les peuples, y aspirent. De cette aspiration, nul, dans le monde où nous vivons, ne peut se tenir à l'écartDans le monde d'aujourd'hui, on ne peut plus gouverner comme dans celui d'hier ». ]

Il a par ailleurs félicité les dirigeants africains pour le combat qu'ils mènent pour la bonne gouvernance, la démocratie, le respect des droits de l'homme. « Ce sont des aspirations profondes de chacun de nos peuples, comme nous le rappellent avec force, les événements de Tunisie et d'Egypte », a-t-il souligné.

Seulement voilà ! Si la France respecte la souveraineté des Etats et le droit des peuples à se déterminer eux-mêmes, comment explique-t-il la situation qu'il a créée au Gabon ? De qui se moque-t-il ?

S'il y avait bonne gouvernance en Afrique, surtout dans le pré carré françafricain, pourquoi y a-t-il aujourd'hui des mouvements de révolte ? La Tunisie n'était-elle pas sous protection française ? La France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, n'a-t-elle pas proposé son intervention militaire à Ben Ali avant de se rétracter ? A croire que le savoir-faire de la France, c'est la violence !

Ceci dit, ce que le président Sarkozy ne sait sans doute pas, c'est que l'homme africain, même s'il n'est pas assez rentré dans l'histoire, regarde aujourd'hui tout Africain soutenu, défendu et protégé par la France comme un « RIPOUX ». Alors il se demande qu'a-t-il bien pu se passer pour que cet homme, et lui seul, soit sous la protection de la France et bénéficie de son soutien, alors qu'il y en a bien d'autres ? Qu'a-t-il promis à la France ? Quels documents, quels accords secrets a-t-il signés en faveur de la France ? Qu'a-t-il hypothéqué ou bradé pour le « fauteuil » présidentiel ?

Voilà la série de questions que se pose l'homme africain sur chacun des siens qui tombe sous le contrôle de l'occident en général et surtout de la France, en particulier.

Revenons au somnifère administré par la France aux chefs d'Etat africains au sommet d'Addis-Abeba, les 30 et 31 janvier 2011.

C'est dans les habitudes de la France de tenir de tels discours-somnifères pour distraire, charmer et mieux manipuler, plutôt mieux endormir les « chefs d'Etat » africains qu'elle prend pour ses « Préfets ».

Souvenons-vous du double visage, du double discours de la France dans la crise de Brazzaville.

D'abord la provocation. En voyage officiel en Afrique de l'Ouest, le président Jacques Chirac, encore Maire de Paris, tient les propos suivants : « […] La démocratie est un luxe pour les Africains ».

Ensuite, en Afrique Centrale, précisément en 1996, à Brazzaville (Congo), il nous fait l'honneur d'une déclaration somnifère dont voici l'extrait :
« […] L'élection tend désormais à devenir un mode normal de dévolution du pouvoir en Afrique. Il faut en finir avec les coups de force ou d'Etat, les putschs, les juntes, les pronunciamientos et toutes les manifestations de transition violentes. Ces événements d'un autre âge sont, pour chacun de nous, une humiliation. Pour les peuples, ils sont un retour en arrière. Pour le monde, ils sont une déception et l'alibi trop commode des désengagements. »






Deux ans plus tard, l'homme tient, à Luanda (Angola), un autre discours pour encenser ce qu'il condamnait et qualifiait à Brazzaville de « Ces événements d'un autre âge... ». En voici la teneur :

« Je me réjouis de l'intervention de l'Angola au Congo-Brazzaville pour la raison simple que ce pays était en train de s'effondrer dans la guerre civile, de s'autodétruire, et qu'il était souhaitable que l'ordre revienne. Il y avait quelqu'un qui était capable de le faire revenir, c'était Denis Sassou Nguesso. Il lui fallait un soutien extérieur pour un certain nombre de raisons, l'Angola le lui a apporté. La paix est revenue, les conditions de développement reprennent. Cette ville de Brazza, qui était devenue martyre commence à se relever et Denis Sassou Nguesso s'est engagé à mettre en œuvre le processus de démocratisation dans un délai maximum de deux ans. »[2]

Et il y eut le 5 juin 1997. Ensuite est arrivé le 15 octobre 1997 : La victoire et le retour au pouvoir d'un homme, qui n'a jamais été élu au suffrage universel, que le monde entier reconnaît comme étant le plus grand perturbateur et fossoyeur de la paix et de la stabilité politique en République du Congo-Brazzaville ; en tout cas l'un des plus grands criminels d'Afrique, s'il n'est le plus grand criminel d'Afrique.

Mais l'homme est un protégé de Paris (UMP), de Total et de la GLNF. N'a-t-il pas substitué son parti unique, le Parti congolais du travail (PCT), en loge maçonnique dont il est aussi le Grand Maître ? Or la maison-mère de sa loge maçonnique est celle de tous les scandales en France et qui défraie la chronique. C'est l'obédience coloniale, l'obédience des affaires, des magouilles, des trafics, etc.

Curieusement, la quasi-totalité des chefs d'Etat africains sont adeptes de cette obédience maçonnique. C'est l'obédience qui compte le plus de criminels, de kleptocrates, de dictateurs. Et difficiles de les exclure ou de les sanctionner, tellement ils rapportent de millions et de milliards dans les caisses de la GLNF !

Mais l'homme Sassou n'a pas encore rendu à leurs familles les corps de tous les disparus :
-        la dépouille de feu Joseph Pouabou, en 1965 ;
-        la dépouille de feu président Massamba-Débat, en 1977 ;
-        les restes des corps des 500 disparus du Beach, en 1999, sans compter les nombreux charniers à travers tout le pays depuis qu'il est au pouvoir sous feu président Marien Ngouabi (assassiné par lui), sous Yhombi-Opango et sous ses propres mandats présidentiels. La liste n'est pas exhaustive.
Il a, à son actif, plus de 100 000 morts au Congo-Brazzaville. La France aime les criminels. Elle vit et se nourrit d'eux. Elle les installe au pouvoir dans son pré carré. C'est pourquoi ils sont ses "Préfets de région".

Alors, pour les pays comme le Congo-Brazzaville, la Côte d'Ivoire et le Gabon, voire le Cameroun, la Centrafrique, le Tchad, etc., il faut, à la France, de tels individus pour survivre économiquement et financièrement, mais aussi pour faire le plein des voix à l'Assemblée générale de l'ONU.

En conclusion, disons que la pire des humiliations qu'on puisse faire subir à une nation indépendante et souveraine, c'est de lui imposer, par un ou des Etats tiers, un chef qu'elle ne s'est pas choisi librement.
Et dans cet ordre d'idée, le pire ennemi de l'esclave, c'est « l'affranchi », l'exécuteur impitoyable de ce que son Maître ne peut et surtout ne veut accomplir de ses propres mains.

Jean-Claude Mayima-Mbemba
Auteur, Secrétaire Général de l'Organisation
Africa Human Voice International (AHVI)



[1] Extrait du Discours de Jacques Chirac, président de la République Française, prononcé devant le Parlement congolais, le 18 juillet 1996, à Brazzaville.   
[2] Extrait du discours de Jacques Chirac prononcé le 30 juin 1998, à Luanda, en Angola.




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"La seule chose de bien à l'action de la violence, c'est l'action des hommes de bien"

La souveraineté de l'Afrique sera africaine ou ne le sera jamais

La souveraineté de l’Afrique sera africaine ou ne le sera jamaisPar Calixte BANIAFOUNA(*)


Après avoir beaucoup entendu des paroles, beaucoup lu des réactions et beaucoup vu des images liées à la triste issue de l’élection présidentielle de novembre 2010 en Côte d’Ivoire, deux conclusions semblent faire le consensus entre « légalistes » voués à la cause de l’« isolé » Laurent GBAGBO (que nous appellerons « Constitutionnalistes » pour tenants à la Constitution ivoirienne), « légalistes » voués à la cause du très « reconnu » Alassane OUATTARA (que nous appellerons « Commissionnaires » pour Commission électorale indépendante) et « Neutres » qui sont soit indifférents, soit ignorants de l’Histoire du continent qui est en train de s’écrire sous leurs yeux.

Premier point de consensus : les enjeux d’une indépendance réelle en Afrique est en train de se jouer en Côte d’Ivoire. Cela semble d’autant vrai que, pour les Commissionnaires, rejoints dans leur cause par certains diplômés africains « relais » des médias français et certains chefs d’État installés et soutenus par la
France politique, l’intervention unanime de la communauté internationale, de l’ONU, du FMI, de l’UE, de l’UA, des puissances phares États-Unis, France politique et j’en oublie... en faveur du candidat présumé vainqueur est une véritable révolution. Cette intervention signifierait, pour les Commissionnaires, que plus jamais des élections en Afrique ne seront l’apanage des dictateurs ou de la France politique seule qui, à son gré et depuis 50 ans, installe, désinstalle ou soutient à vie un candidat de son choix. Alors, ne pas bondir sur l’occasion qu’offrent à l’unisson la communauté internationale, les puissances occidentales et les institutions internationales serait synonyme de condamnation de l’Afrique à vivre éternellement sous le règne des dictateurs : Laurent GBAGBO serait donc le pire ennemi de la souveraineté réelle qui pointe à l’horizon de l’Afrique. Ils crient à la honte pour l’Afrique et les Africains !

Pour les Constitutionnalistes, qui ne croient pas un seul instant à une révolution venue d’outre-frontières d’Afrique, le soutien à un candidat par le reste du monde ne diffère pas du soutien que la France politique a toujours apporté et continuera à apporter à ses candidats préférés, avec la seule différence, cette fois-ci, que, grillée sur l’« affaire Côte d’Ivoire » qu’elle a gérée en juge et partie depuis 2002, la France politique aurait sollicité l’aide de l’ONU (de la même manière que l’ONU fut sollicitée en 1960 pour aider certaines puissances occidentales à assassiner LUMUMBA) et de ses principaux alliés pour essayer de parvenir à ses fins au nom du respect de la démocratie : Alassane OUATTARA serait donc un bienheureux nouveau
venu parmi les dirigeants dociles à la France politique qui au Congo Brazzaville, au Gabon, au Cameroun, en Centrafrique, au Tchad, au Togo, au Burkina Faso (sauf sous SANKARA)... tiennent depuis 50 ans et de mains de fer l’Afrique, tout au service de l’ancienne métropole et de leurs intérêts individuels.

Pour les Neutres -au sein duquel on ne compte pas seulement que les Africains incultes ou illettrés, nombre d’entre eux sont soit résignés sur le terrain, convaincus que la situation de l’Afrique ne changera plus jamais, soit installés en Occident (leur nouvelle patrie) -le bonheur ou le malheur de l’Afrique ne leur
concerne plus. Pour ces derniers, l’essentiel c’est qu’ils aient acquis leur minimum vital, leur résidence privée voire leur statut de membre du parti politique local, leurs enfants poursuivant tranquillement leurs études, et leurs familles restées en Afrique recevant le transfert d’argent, ils trouvent même aberrant que l’on contrariât la parole du Grand Blanc ou bien celle du Guide Suprême de leur pays d’origine : « il faut se taire, un point c’est tout ! », et ne s’occuper que de ses oignons.

Deuxième point de consensus : la démocratie a beaucoup de mal à s’installer en Afrique. Je pars d’abord du postulat selon lequel la quasi totalité des institutions des pays africains, anciennes colonies françaises, sont calquées sur le modèle « copier-coller » des institutions françaises. Si ce postulat est admis, il permet
aux uns et aux autres de tirer la couverture électorale en leur faveur.
Pour les Constitutionnalistes ivoiriens, l’élection d’un président de la République fait appel à la démarche décrite par la Constitution, et qui stipule : « Le déroulement de l'élection présidentielle est fixé par la Constitution ivoirienne… Les résultats du scrutin sont proclamés par le Conseil constitutionnel qui a
également la charge de veiller à la régularité de l'élection. » La Constitution ivoirienne, gage de la souveraineté du pays, tout comme celles d’autres pays sous influence française en dépit de leurs incontestables imperfections dues à l’apprentissage de la démocratie, n’échapperait donc pas à cette contrainte forte (« proclamation des résultats par le Conseil constitutionnel qui a également la charge de veiller à la régularité de l’élection »), et les deux candidats au deuxième tour se seraient convenus d’en respecter strictement l’application.

Pour les Commissionnaires, il y a un hic ! : les anciennes colonies, parce que, justement, jugées immatures en démocratie, passent par une étape intermédiaire, la présence d’observateurs étrangers à la Commission électorale indépendante (CEI). Cette dernière instance, parce que soutenue par la France politique et les États-Unis qui seraient des démocrates modèles et pur sang, fait foi de Constitution, et ses décisions tiennent lieu de contrainte forte : « le candidat proclamé par la CEI, qu’importe l’irrégularité de l’élection, est donc déclaré président de la République », reconnu de surcroît comme tel par la communauté internationale. De toute façon, si l’élection présidentielle s’est bel et bien tenue dès le premier tour sur la base de la Constitution ivoirienne, il ne saurait être le cas quant au résultat final, Alassane OUATTARA, communauté internationale, États-Unis, France politique… se souvenant d’ailleurs en dernier ressort que cette institution est une propriété privée de Laurent GBAGBO qui, seul, ne peut qu’en tirer bénéfice. Ses
décisions seraient donc nulles et de toute nullité.

Pour les « Neutres », ce qui se passe en Côte d’Ivoire, si, toutefois, par le pur hasard de curiosité, ils en étaient au courant est sinon franchement le cadet de leurs soucis, du moins une affaire ivoiro-ivoirienne.

De cet état des lieux sur la Côte d’Ivoire découle la problématique en trois points d’une Afrique dont les puissances occidentales, dans une hypocrisie éhontée et décomplexée, exhortent le « développement par les Africains eux-mêmes » en faisant tout pour les empêcher.

Primo, la Côte d’Ivoire servirait-elle de modèle à la France politique -qui a reçu l’adhésion de ses alliés ainsi que celle de la communauté internationale -pour mettre définitivement fin à ses ingérences dans la politique de ses anciennes colonies d’Afrique subsaharienne ?

Difficile de le croire d’autant plus qu’aucun signe de rupture ne vient de la France politique qui, au contraire, n’a jamais cessé de renforcer son influence sur un chantier encore bien plus maîtrisé qu’il ne l’a jamais été en 50 ans d’indépendance. En Afrique centrale, par exemple, seuls deux chefs d’État ont été élus à la régulière durant ces 50 ans (Pascal LISSOUBA du Congo Brazzaville et Ange Félix PATASSÉ de la République Centrafricaine) mais ils n’ont pu terminer leur mandat car chassés manu militari du pouvoir par l’Élysée de Jacques CHIRAC.

Le Congo Brazzaville est dirigé depuis 26 ans par Denis SASSOU NGUESSO, un enfant docile que la France politico-affairiste a installé au moyen de coup d’État, réinstallé par une guerre très meurtrière, après avoir été vomi par son peuple, et maintenu au pouvoir par des moyens détournés (truquage des élections aidé par Nicolas SARKOZY, lobbying, etc.).

Le Gabon est devenu une dynastie suite à la mort d’Omar BONGO ONDIMBA qui a régné 42 ans sans partage à la tête de ce pays, aujourd’hui dirigé par son fils Ali BONGO que l’Élysée de Nicolas SARKOZY a installé au pouvoir par une banale opération d’inversion des résultats électoraux (inversion reconnue par Hilary CLITON [révélation WikiLeaks] dont l’oeil n’était pas aussi clairvoyant au Gabon
qu’il ne l’est aujourd’hui en Côte d’Ivoire).

Le Cameroun est dirigé depuis 28 ans par Paul BIYA, installé par des moyens détournés par la France politique, qui l’a toujours soutenu.

La Centrafrique est dirigée depuis une décennie par François BOZIZÉ, que la France politique a imposé au pouvoir par les armes et l’y maintient par des moyens détournés.

Le Tchad est dirigé depuis 10 ans par Idriss DEBY, un chef de guerre installé par les armes, que la France politique maintient au pouvoir par des moyens détournés et en matant rébellion sur rébellion (intervention directe de l’armée française sous Nicolas SARKOZY).

Le Togo est devenu une dynastie suite à la mort du redoutable Étienne GNASSINGBÉ EYADEMA, qui a terrorisé pendant 32 ans un peuple aujourd’hui à la solde de son fils Faure GNASSINGBÉ que la France politique a installé et soutient au pouvoir par des moyens détournés (spectacle télévisé en direct du transport des urnes par les militaires pour faire le comptage au palais présidentiel et proclamer vainqueur l’élève docile : un non-événement pour la communauté internationale). À croire que les Togolais soient suffisamment naïfs pour continuer à acclamer le fils de leur bourreau !

Le Burkina Faso est dirigé depuis 24 ans par Blaise COMPAORÉ, installé par les armes et maintenu par la France politique en prime de sa bravoure d’avoir assassiné de façon lâche et ignoble Thomas SANKARA, ce patriote africain qui, après LUMUMBA, a osé réclamer la souveraineté du peuple africain.

Autant de dossiers auxquels la communauté internationale, l’ONU, le FMI, l’UE, l’UA, la CEDEAO, les États-Unis, la France politique… devront rapidement mettre sur la table pour le triomphe de la démocratie comme ils veulent l’imposer en Côte d’Ivoire.

Secundo, un peuple peut-il se développer quand ses moindres efforts sont constamment anéantis par la loi du plus fort ?

La lecture de la crise ivoirienne tombe à point nommé pour relever bien des curiosités dans le traitement des principes qui régissent les libertés élémentaires selon que le dirigeant africain qui est censé les incarner a un penchant ou non, non pas vraiment vers le peuple qu’il représente mais vers la défense des intérêts occidentaux. C’est ainsi que, contrairement à ce qui s’observe actuellement dans des pays comme le Congo Brazzaville, le Gabon, le Cameroun, la Centrafrique, le Tchad, le Togo ou le Burkina Faso où le peuple semble « accoutumé » à vivre plutôt la dictature comme une condition normale de son existence, le peuple ivoirien, lui, a senti depuis 2002 le parfum d’une souveraineté nationale (qu’il lui est difficile d’enlever aujourd’hui) en ayant bravé à main nue parole, acte et arme du prédateur-ancien colonisateur. Dans le cas de la Côte d’Ivoire qui nous occupe, on est en droit de se demander pour qui profiterait la démocratie qu’on cherche à imposer à un peuple qui, par des actes totalement spectaculaires, sous les caméras nationales ou
étrangères, roule plutôt en faveur du vaincu présumé et non pas de l’homme qu’il vient d’élire :

-refus catégorique de manifester, serait-ce dans le fief électoral du vainqueur présumé,

-refus d’obtempérer aux mots d’ordre de désobéissance civile et de grève lancés pourtant de façon insistante par le vainqueur présumé,

-refus de ralliement par l’armée loyale en dépit d’invites répétées à s’incliner sous les ordres du vainqueur présumé,

-peur de se voir plutôt être dirigé par le vainqueur que par le vaincu présumés,

-fidélité absolue plutôt au vaincu qu’au vainqueur présumés, même sous la menace et les intimidations des forces internationales…

Drôle d’élu du peuple ivoirien ! Énorme soutien de la communauté internationale ! Cette démocratie à deux vitesses imposée ici avec le coeur de pirate et empêchée là-bas avec le coeur d’amour est-elle vraiment celle à laquelle aspire le peuple africain dont le sang, la souffrance et la misère restent les seuls points de
convergence des deux tempéraments de ceux qui l’imposent ou l’empêchent selon le cas ?

Tertio, le mot « démocratie » n’est-il enfin qu’une arme de chantage du plus fort, chaque fois qu’il veut protéger ses intérêts stratégiques, pour faire plier le plus faible par tous les moyens à sa disposition (chantage, mensonge, manipulation, force armée, confiscation de biens, embargo, gel des avoirs, interdiction de visas, etc.), et non une aspiration vers le bien-être du peuple africain ?

Il y a bien lieu de le croire quand on regarde la facilité avec laquelle la France politique a réussi à monter un complot international contre la Côte d’Ivoire en ayant rallié à sa cause (au nom des principes démocratiques qu’elle est la première à bafouer dans ses anciennes colonies d’Afrique subsaharienne), des plus grands (ONU, UE, Etats-Unis, etc.) aux plus petits (UA, CEDEAO, rares chefs d’État africains élus à la régulière, etc.), toute la communauté internationale contre un homme, Laurent GBAGBO, dont l’animosité, la haine et le mépris des dirigeants français (de gauche comme de droite) n’est plus un secret de polichinelle depuis son élection en 2000 pour avoir osé dire « NON » à l’oukase de la Françafrique.

En ayant exposé au grand jour contre un homme le harcèlement, les humiliations, les injures, l’acharnement, la cruauté, la haine, la propagande des médias qui se limitaient jusque-là dans les couloirs de l’Élysée chaque fois que celle-ci voulait installer ou désinstaller un chef d’État en Afrique (voir documentaire Françafrique, un film de Patrick BENQUET), la France politique vient de mettre à nu les faiblesses d’un système caduc qui ne fait que trop de mal au peuple africain et retarde son développement.

Le refus du dialogue proposé par Laurent GBAGBO aux donneurs de leçons (parfaitement consciencieux du hold-up électoral en Côte d’Ivoire) (dialogue toléré partout ailleurs comme aux États-Unis où, suite à la contestation des résultats par l’un des deux candidats, Al Gore et George W. BUSH, l’on a dû attendre un mois pour connaître le vainqueur), la précipitation dans la prise des sanctions pour éviter de voir la vérité en face, les actes de grande haine à la limite de l’infantilisation (saisie en France politique de l’avion présidentiel ivoirien…), la propagande en boucle par certaines chaînes de télé françaises, l’incitation à la haine par les envoyés spéciaux français à Abidjan à la solde d’Alassane OUATTARA, la pression teintée de menaces faite par Nicolas SARKOZY à ses loyaux serviteurs africains qui hésiteraient d’aller « déloger (le terme est le leur) » Laurent GBAGBO, l’appel incessant à la violence par le larbin postulant à la Françafrique… participent de ce schéma de recadrage de la domination du peuple africain par la France politique.

Le complot international ourdi par la France politique et tous ceux à qui elle dû promettre gros contre la Côte d’Ivoire doit permettre aux Africanistes de prendre immédiatement rendez-vous avec leur destin.

Cela passera par une organisation cohérente d’un mouvement de mobilisation autour de braves hommes intègres comme Jerry John RAWLINGS, Alpha Oumar KONARÉ… et la jeune génération montante non éligible au statut de « relais médiatique occidental » ou de « loyaux serviteurs » de la Françafrique décomplexée, et de mettre en place un cadre de souveraineté africaine par les mesures suivantes :

- faire jurisprudence du précédent que la France politique vient de créer en Côte d’Ivoire en se mobilisant pour exiger à la communauté internationale le démantèlement du dernier bastion de la dictature qui demeure unique du genre en République démocratique du Congo (d’où est né le principe Onusien d’élimination des Africains gênants), au Congo Brazzaville, au Gabon, au Cameroun, en Centrafrique, au
Tchad, au Togo, au Burkina Faso…

- définir une politique monétaire africaine en changeant le franc CFA (monnaie en totale dépendance du Trésor français et source de domination, qui ne se justifie plus depuis l’apparition de l’euro) et en créant une monnaie de l’Union africaine comparable à l’euro pour les Européens,

- définir un nouveau partenariat (révision de tous les accords) pour pallier au privilège d’un dominateur qui, depuis plus de 50 ans, cause plus de souffrances au peuple africain qu’il ne l’aide à sortir de la misère créée par tout ce qui vient d’être dit ci-dessus du système Françafrique,

- revoir le positionnement de l’Afrique dans des institutions à la solde des plus puissants comme l’ONU qui, aujourd’hui, à la tête du complot en Côte d’Ivoire (non désarmement de la rébellion, complaisance électorale dans la zone rebelle, parti pris en faveur d’un candidat préparé et conditionné plusieurs années à l’avance, caution à la violence, etc.) a plus divisé le peuple ivoirien qu’elle n’a assuré sa mission de paix dans le monde et nous montre au jour le jour que les droits de l’Homme sont strictement liés aux intérêts des plus forts (tant pis pour les nombreux crimes commis par les larbins qui jouent le jeu de l’Occident en Afrique : assassinat de SANKARA, disparus du Beach de Brazzaville, nombreux morts de guerres de prise ou de maintien du pouvoir au Congo Brazzaville, en RCA, au Tchad, au Togo, etc., et bonjour la Cour pénale internationale aux insoumis…).

Si toutes ces mesures ne sont pas prises dans les plus bref délais, ce passage en force de la France politique en Côte d’Ivoire -entérinée de surcroît et à l’unanimité par la communauté internationale (France politique, États-Unis en l’occurrence), les alliés occidentaux, les pantins de la Françafrique et les institutions satellites occidentales et africaines -, risquerait d’enfoncer encore pour bien longtemps les anciennes colonies francophones dans un néocolonialisme beaucoup plus dramatique que celui qu’elles ont toujours subi depuis ces 50 dernières années.

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(*) Calixte Baniafouna est auteur de plusieurs livres d'analyse politique, économique et historique.

31 janvier 2011

La souveraineté de l'Afrique sera africaine ou ne le sera jamais


La souveraineté de l’Afrique sera africaine ou ne le sera jamais
Par Calixte BANIAFOUNA(*)

Après avoir beaucoup entendu des paroles, beaucoup lu des réactions et beaucoup vu des images liées à la triste issue de l’élection présidentielle de novembre 2010 en Côte d’Ivoire, deux conclusions semblent faire le consensus entre « légalistes » voués à la cause de l’« isolé » Laurent GBAGBO (que nous appellerons « Constitutionnalistes » pour tenants à la Constitution ivoirienne), « légalistes » voués à la cause du très « reconnu » Alassane OUATTARA (que nous appellerons « Commissionnaires » pour Commission électorale indépendante) et « Neutres » qui sont soit indifférents, soit ignorants de l’Histoire du continent qui est en train de s’écrire sous leurs yeux.

Premier point de consensus : les enjeux d’une indépendance réelle en Afrique est en train de se jouer en Côte d’Ivoire. Cela semble d’autant vrai que, pour les Commissionnaires, rejoints dans leur cause par certains diplômés africains « relais » des médias français et certains chefs d’État installés et soutenus par la France politique, l’intervention unanime de la communauté internationale, de l’ONU, du FMI, de l’UE, de l’UA, des puissances phares États-Unis, France politique et j’en oublie... en faveur du candidat présumé vainqueur est une véritable révolution. Cette intervention signifierait, pour les Commissionnaires, que plus jamais des élections en Afrique ne seront l’apanage des dictateurs ou de la France politique seule qui, à son gré et depuis 50 ans, installe, désinstalle ou soutient à vie un candidat de son choix. Alors, ne pas bondir sur l’occasion qu’offrent à l’unisson la communauté internationale, les puissances occidentales et les institutions internationales serait synonyme de condamnation de l’Afrique à vivre éternellement sous le règne des dictateurs : Laurent GBAGBO serait donc le pire ennemi de la souveraineté réelle qui pointe à l’horizon de l’Afrique. Ils crient à la honte pour l’Afrique et les Africains !

Pour les Constitutionnalistes, qui ne croient pas un seul instant à une révolution venue d’outre-frontières d’Afrique, le soutien à un candidat par le reste du monde ne diffère pas du soutien que la France politique a toujours apporté et continuera à apporter à ses candidats préférés, avec la seule différence, cette fois-ci, que, grillée sur l’« affaire Côte d’Ivoire » qu’elle a gérée en juge et partie depuis 2002, la France politique aurait sollicité l’aide de l’ONU (de la même manière que l’ONU fut sollicitée en 1960 pour aider certaines puissances occidentales à assassiner LUMUMBA) et de ses principaux alliés pour essayer de parvenir à ses fins au nom du respect de la démocratie : Alassane OUATTARA serait donc un bienheureux nouveau venu parmi les dirigeants dociles à la France politique qui au Congo Brazzaville, au Gabon, au Cameroun, en Centrafrique, au Tchad, au Togo, au Burkina Faso (sauf sous SANKARA)... tiennent depuis 50 ans et de mains de fer l’Afrique, tout au service de l’ancienne métropole et de leurs intérêts individuels.

Pour les Neutres - au sein duquel on ne compte pas seulement que les Africains incultes ou illettrés, nombre d’entre eux sont soit résignés sur le terrain, convaincus que la situation de l’Afrique ne changera plus jamais, soit installés en Occident (leur nouvelle patrie) - le bonheur ou le malheur de l’Afrique ne leur concerne plus. Pour ces derniers, l’essentiel c’est qu’ils aient acquis leur minimum vital, leur résidence privée voire leur statut de membre du parti politique local, leurs enfants poursuivant tranquillement leurs études, et leurs familles restées en Afrique recevant le transfert d’argent, ils trouvent même aberrant que l’on contrariât la parole du Grand Blanc ou bien celle du Guide Suprême de leur pays d’origine : « il faut se taire, un point c’est tout ! », et ne s’occuper que de ses oignons.

Deuxième point de consensus : la démocratie a beaucoup de mal à s’installer en Afrique. Je pars d’abord du postulat selon lequel la quasi totalité des institutions des pays africains, anciennes colonies françaises, sont calquées sur le modèle « copier-coller » des institutions françaises. Si ce postulat est admis, il permet aux uns et aux autres de tirer la couverture électorale en leur faveur.

Pour les Constitutionnalistes ivoiriens, l’élection d’un président de la République fait appel à la démarche décrite par la Constitution, et qui stipule : « Le déroulement de l'élection présidentielle est fixé par la Constitution ivoirienne… Les résultats du scrutin sont proclamés par le Conseil constitutionnel qui a également la charge de veiller à la régularité de l'élection. » La Constitution ivoirienne, gage de la souveraineté du pays, tout comme celles d’autres pays sous influence française en dépit de leurs incontestables imperfections dues à l’apprentissage de la démocratie, n’échapperait donc pas à cette contrainte forte (« proclamation des résultats par le Conseil constitutionnel qui a également la charge de veiller à la régularité de l’élection »), et les deux candidats au deuxième tour se seraient convenus d’en respecter strictement l’application.

Pour les Commissionnaires, il y a un hic ! : les anciennes colonies, parce que, justement, jugées immatures en démocratie, passent par une étape intermédiaire, la présence d’observateurs étrangers à la Commission électorale indépendante (CEI). Cette dernière instance, parce que soutenue par la France politique et les États-Unis qui seraient des démocrates modèles et pur-sang, fait foi de Constitution, et ses décisions tiennent lieu de contrainte forte : « le candidat proclamé par la CEI, qu’importe l’irrégularité de l’élection, est donc déclaré président de la République », reconnu de surcroît comme tel par la communauté internationale. De toute façon, si l’élection présidentielle s’est bel et bien tenue dès le premier tour sur la base de la Constitution ivoirienne, il ne saurait être le cas quant au résultat final, Alassane OUATTARA, communauté internationale, États-Unis, France politique… se souvenant d’ailleurs en dernier ressort que cette institution est une propriété privée de Laurent GBAGBO qui, seul, ne peut qu’en tirer bénéfice. Ses décisions seraient donc nulles et de toute nullité.

Pour les « Neutres », ce qui se passe en Côte d’Ivoire, si, toutefois, par le pur hasard de curiosité, ils en étaient au courant est sinon franchement le cadet de leurs soucis, du moins une affaire ivoiro-ivoirienne. De cet état des lieux sur la Côte d’Ivoire découle la problématique en trois points d’une Afrique dont les puissances occidentales, dans une hypocrisie éhontée et décomplexée, exhortent le « développement par les Africains eux-mêmes » en faisant tout pour les empêcher.

Primo, la Côte d’Ivoire servirait-elle de modèle à la France politique -qui a reçu l’adhésion de ses alliés ainsi que celle de la communauté internationale -pour mettre définitivement fin à ses ingérences dans la politique de ses anciennes colonies d’Afrique subsaharienne ?

Difficile de le croire d’autant plus qu’aucun signe de rupture ne vient de la France politique qui, au contraire, n’a jamais cessé de renforcer son influence sur un chantier encore bien plus maîtrisé qu’il ne l’a jamais été en 50 ans d’indépendance. En Afrique centrale, par exemple, seuls deux chefs d’État ont été élus à la régulière durant ces 50 ans (Pascal LISSOUBA du Congo Brazzaville et Ange Félix PATASSÉ de la République Centrafricaine) mais ils n’ont pu terminer leur mandat car chassés manu militari du pouvoir par l’Élysée de Jacques CHIRAC.

Le Congo Brazzaville est dirigé depuis 26 ans par Denis SASSOU NGUESSO, un enfant docile que la France politico-affairiste a installé au moyen de coup d’État, réinstallé par une guerre très meurtrière, après avoir été vomi par son peuple, et maintenu au pouvoir par des moyens détournés (truquage des élections aidé par Nicolas SARKOZY, lobbying, etc.).

Le Gabon est devenu une dynastie suite à la mort d’Omar BONGO ONDIMBA qui a régné 42 ans sans partage à la tête de ce pays, aujourd’hui dirigé par son fils Ali BONGO que l’Élysée de Nicolas SARKOZY a installé au pouvoir par une banale opération d’inversion des résultats électoraux (inversion reconnue par Hilary CLITON [révélation WikiLeaks] dont l’oeil n’était pas aussi clairvoyant au Gabon qu’il ne l’est aujourd’hui en Côte d’Ivoire). Le Cameroun est dirigé depuis 28 ans par Paul BIYA, installé par des moyens détournés par la France politique, qui l’a toujours soutenu.

La Centrafrique est dirigée depuis une décennie par François BOZIZÉ, que la France politique a imposé au pouvoir par les armes et l’y maintient par des moyens détournés.

Le Tchad est dirigé depuis 10 ans par Idriss DEBY, un chef de guerre installé par les armes, que la France politique maintient au pouvoir par des moyens détournés et en matant rébellion sur rébellion (intervention directe de l’armée française sous Nicolas SARKOZY).

Le Togo est devenu une dynastie suite à la mort du redoutable Étienne GNASSINGBÉ EYADEMA, qui a terrorisé pendant 32 ans un peuple aujourd’hui à la solde de son fils Faure GNASSINGBÉ que la France politique a installé et soutient au pouvoir par des moyens détournés (spectacle télévisé en direct du transport des urnes par les militaires pour faire le comptage au palais présidentiel et proclamer vainqueur l’élève docile : un non-événement pour la communauté internationale). À croire que les Togolais soient suffisamment naïfs pour continuer à acclamer le fils de leur bourreau !

Le Burkina Faso est dirigé depuis 24 ans par Blaise COMPAORÉ, installé par les armes et maintenu par la France politique en prime de sa bravoure d’avoir assassiné de façon lâche et ignoble Thomas SANKARA, ce patriote africain qui, après LUMUMBA, a osé réclamer la souveraineté du peuple africain.

Autant de dossiers auxquels la communauté internationale, l’ONU, le FMI, l’UE, l’UA, la CEDEAO, les États-Unis, la France politique… devront rapidement mettre sur la table pour le triomphe de la démocratie comme ils veulent l’imposer en Côte d’Ivoire.

Secundo, un peuple peut-il se développer quand ses moindres efforts sont constamment anéantis par la loi du plus fort ? La lecture de la crise ivoirienne tombe à point nommé pour relever bien des curiosités dans le traitement des principes qui régissent les libertés élémentaires selon que le dirigeant africain qui est censé les incarner a un penchant ou non, non pas vraiment vers le peuple qu’il représente mais vers la défense des intérêts occidentaux. C’est ainsi que, contrairement à ce qui s’observe actuellement dans des pays comme le Congo Brazzaville, le Gabon, le Cameroun, la Centrafrique, le Tchad, le Togo ou le Burkina Faso où le peuple semble « accoutumé » à vivre plutôt la dictature comme une condition normale de son existence, le peuple ivoirien, lui, a senti depuis 2002 le parfum d’une souveraineté nationale (qu’il lui est difficile d’enlever aujourd’hui) en ayant bravé à main nue parole, acte et arme du prédateur-ancien colonisateur. Dans le cas de la Côte d’Ivoire qui nous occupe, on est en droit de se demander pour qui profiterait la démocratie qu’on cherche à imposer à un peuple qui, par des actes totalement spectaculaires, sous les caméras nationales ou étrangères, roule plutôt en faveur du vaincu présumé et non pas de l’homme qu’il vient d’élire :

- refus catégorique de manifester, serait-ce dans le fief électoral du vainqueur présumé,

- refus d’obtempérer aux mots d’ordre de désobéissance civile et de grève lancés pourtant de façon insistante par le vainqueur présumé,

- refus de ralliement par l’armée loyale en dépit d’invites répétées à s’incliner sous les ordres du vainqueur présumé,

- peur de se voir plutôt être dirigé par le vainqueur que par le vaincu présumés,

- fidélité absolue plutôt au vaincu qu’au vainqueur présumés, même sous la menace et les intimidations des forces internationales…

Drôle d’élu du peuple ivoirien ! Énorme soutien de la communauté internationale ! Cette démocratie à deux vitesses imposée ici avec le coeur de pirate et empêchée là-bas avec le coeur d’amour est-elle vraiment celle à laquelle aspire le peuple africain dont le sang, la souffrance et la misère restent les seuls points de convergence des deux tempéraments de ceux qui l’imposent ou l’empêchent selon le cas ?

Tertio, le mot « démocratie » n’est-il enfin qu’une arme de chantage du plus fort, chaque fois qu’il veut protéger ses intérêts stratégiques, pour faire plier le plus faible par tous les moyens à sa disposition (chantage, mensonge, manipulation, force armée, confiscation de biens, embargo, gel des avoirs, interdiction de visas, etc.), et non une aspiration vers le bien-être du peuple africain ?

Il y a bien lieu de le croire quand on regarde la facilité avec laquelle la France politique a réussi à monter un complot international contre la Côte d’Ivoire en ayant rallié à sa cause (au nom des principes démocratiques qu’elle est la première à bafouer dans ses anciennes colonies d’Afrique subsaharienne), des plus grands (ONU, UE, Etats-Unis, etc.) aux plus petits (UA, CEDEAO, rares chefs d’État africains élus à la régulière, etc.), toute la communauté internationale contre un homme, Laurent GBAGBO, dont l’animosité, la haine et le mépris des dirigeants français (de gauche comme de droite) n’est plus un secret de polichinelle depuis son élection en 2000 pour avoir osé dire « NON » à l’oukase de la Françafrique.

En ayant exposé au grand jour contre un homme le harcèlement, les humiliations, les injures, l’acharnement, la cruauté, la haine, la propagande des médias qui se limitaient jusque-là dans les couloirs de l’Élysée chaque fois que celle-ci voulait installer ou désinstaller un chef d’État en Afrique (voir documentaire Françafrique, un film de Patrick BENQUET), la France politique vient de mettre à nu les faiblesses d’un système caduc qui ne fait que trop de mal au peuple africain et retarde son développement.

Le refus du dialogue proposé par Laurent GBAGBO aux donneurs de leçons (parfaitement consciencieux du hold-up électoral en Côte d’Ivoire) (dialogue toléré partout ailleurs comme aux États-Unis où, suite à la contestation des résultats par l’un des deux candidats, Al Gore et George W. BUSH, l’on a dû attendre un mois pour connaître le vainqueur), la précipitation dans la prise des sanctions pour éviter de voir la vérité en face, les actes de grande haine à la limite de l’infantilisation (saisie en France politique de l’avion présidentiel ivoirien…), la propagande en boucle par certaines chaînes de télé françaises, l’incitation à la haine par les envoyés spéciaux français à Abidjan à la solde d’Alassane OUATTARA, la pression teintée de menaces faite par Nicolas SARKOZY à ses loyaux serviteurs africains qui hésiteraient d’aller « déloger (le terme est le leur) » Laurent GBAGBO, l’appel incessant à la violence par le larbin postulant à la Françafrique… participent de ce schéma de recadrage de la domination du peuple africain par la France politique.

Le complot international ourdi par la France politique et tous ceux à qui elle dû promettre gros contre la Côte d’Ivoire doit permettre aux Africanistes de prendre immédiatement rendez-vous avec leur destin.

Cela passera par une organisation cohérente d’un mouvement de mobilisation autour de braves hommes intègres comme Jerry John RAWLINGS, Alpha Oumar KONARÉ… et la jeune génération montante non éligible au statut de « relais médiatique occidental » ou de « loyaux serviteurs » de la Françafrique décomplexée, et de mettre en place un cadre de souveraineté africaine par les mesures suivantes :

- faire jurisprudence du précédent que la France politique vient de créer en Côte d’Ivoire en se mobilisant pour exiger à la communauté internationale le démantèlement du dernier bastion de la dictature qui demeure unique du genre en République démocratique du Congo (d’où est né le principe Onusien d’élimination des Africains gênants), au Congo Brazzaville, au Gabon, au Cameroun, en Centrafrique, au Tchad, au Togo, au Burkina Faso…

- définir une politique monétaire africaine en changeant le franc CFA (monnaie en totale dépendance du Trésor français et source de domination, qui ne se justifie plus depuis l’apparition de l’euro) et en créant une monnaie de l’Union africaine comparable à l’euro pour les Européens,

- définir un nouveau partenariat (révision de tous les accords) pour pallier au privilège d’un dominateur qui, depuis plus de 50 ans, cause plus de souffrances au peuple africain qu’il ne l’aide à sortir de la misère créée par tout ce qui vient d’être dit ci-dessus du système Françafrique,

- revoir le positionnement de l’Afrique dans des institutions à la solde des plus puissants comme l’ONU qui, aujourd’hui, à la tête du complot en Côte d’Ivoire (non désarmement de la rébellion, complaisance électorale dans la zone rebelle, parti pris en faveur d’un candidat préparé et conditionné plusieurs années à l’avance, caution à la violence, etc.) a plus divisé le peuple ivoirien qu’elle n’a assuré sa mission de paix dans le monde et nous montre au jour le jour que les droits de l’Homme sont strictement liés aux intérêts des plus forts (tant pis pour les nombreux crimes commis par les larbins qui jouent le jeu de l’Occident en Afrique : assassinat de SANKARA, disparus du Beach de Brazzaville, nombreux morts de guerres de prise ou de maintien du pouvoir au Congo Brazzaville, en RCA, au Tchad, au Togo, etc., et bonjour la Cour pénale internationale aux insoumis…).

Si toutes ces mesures ne sont pas prises dans les plus bref délais, ce passage en force de la France politique en Côte d’Ivoire -entérinée de surcroît et à l’unanimité par la communauté internationale (France politique, États-Unis en l’occurrence), les alliés occidentaux, les pantins de la Françafrique et les institutions satellites occidentales et africaines -, risquerait d’enfoncer encore pour bien longtemps les anciennes colonies francophones dans un néocolonialisme beaucoup plus dramatique que celui qu’elles ont toujours subi depuis ces 50 dernières années.

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(*) Calixte Baniafouna est auteur de plusieurs livres d'analyse politique, économique et historique.