
ToPeSA : Le nœud du Congo
La main tendue n’est ni capitulation ni soumission, mais une négociation pour un apaisement en vue d’une solution politique durable dans l’intérêt bien compris du peuple
En ce jour anniversaire de la fin de la Conférence nationale souveraine de 1991, grand moment d’espérance qui avait mobilisé le peuple congolais autour de l’idéal de changement, de démocratie et de réconciliation nationale, le constat est amer : le Congo semble être retourné à ses vieux démons. Les promesses d’hier ont laissé place à une crise politique, économique, sociale et morale dont les conséquences pèsent lourdement sur les populations.
Face à cette impasse, ToPeSA rappelle une évidence : tendre la main n’est ni capituler ni se soumettre. C’est faire le choix de la responsabilité, du dialogue et d’une négociation politique sérieuse afin de créer les conditions d’un apaisement durable et d’une solution conforme aux intérêts supérieurs de la Nation.
Mais aucune solution durable ne pourra émerger sans affronter les questions que l’on repousse depuis des décennies : celles de la vérité historique, de la gestion des ressources nationales, au premier rang desquelles le pétrole, et de la réconciliation authentique entre les filles et les fils du Congo. Car sans vérité, il ne peut y avoir ni justice ; sans justice, il ne peut y avoir de confiance ; et sans confiance, il ne peut y avoir ni paix durable ni avenir commun.
Pour y parvenir, une question essentielle doit trouver une réponse :
Qui a la mainmise sur le pétrole congolais, devenu au fil des décennies une véritable arme de destruction silencieuse qui tue les Congolaises et les Congolais à petit feu ?
La mainmise sur le pétrole congolais méritait-elle la mort du Commandant Marien Ngouabi et la division durable du peuple congolais ?
La réponse est catégoriquement : NON.
La mainmise sur le pétrole congolais justifiait-elle le coup d’État contre le président démocratiquement élu Pascal Lissouba ?
La réponse est évidemment : NON.
La mainmise sur le pétrole congolais nécessitait-elle que « 750 000 personnes du Sud-Congo manquent à l’appel », selon le rapport du Projet de Programme Post-Conflit de Développement Économique et Social pour le Congo 2000-2002, cosigné en novembre 1999 par le président Denis Sassou Nguesso, le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de l’Administration du Territoire Pierre Oba, le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget Mathias Dzon, l’Union Congolaise des Banques (UCB), la Banque Africaine de Développement (BAD) et les Nations Unies ?
La réponse est naturellement : NON.
La mainmise sur le pétrole congolais pouvait-elle conduire Jean-Paul Pigasse à se réjouir en déclarant : « On aurait pu s’en sortir avec moins de 2 000 morts » (LCI, 2005), comme si 2 000 vies humaines n’étaient qu’un détail de l’histoire ?
Depuis que ce fait est rappelé, aucun juriste congolais ne semble s’être interrogé sur l’opportunité de saisir la justice à propos de tels propos.
Là encore, la réponse est : NON.
Le pétrole congolais : le véritable nœud du Congo
Le dossier de la mort du Commandant Marien Ngouabi demeure ouvert et le restera tant que la révision de ce procès n’aura pas eu lieu afin d’innocenter les prétendus « Bakongo ba bomi Marien » (« Les Kongo ont assassiné le président Marien Ngouabi »).
Cette vérité est indispensable pour libérer également nos compatriotes du Nord, pris en otage depuis des décennies par la fausse « réconciliation inter-nordiste », laquelle a servi de fondement politique à la confiscation du pouvoir et à la prise de contrôle des ressources nationales, notamment pétrolières.
Un pays stable est un pays qui a fait la paix avec son histoire.
À ce titre, Florent Tsiba doit dire au peuple congolais qui avait manipulé l’ancien président Alphonse Massamba-Débat afin qu’il se rende à l’État-Major où semblait l’attendre le président Marien Ngouabi pour un prétendu transfert de pouvoir, épisode qui s’est soldé par leur assassinat ainsi que par celui du cardinal Émile Biayenda et de nombreux autres officiers.
Mizele et Lazare Mouanga l’ont suffisamment répété :
« Le vieux (Massamba-Débat) s’était fait avoir. »
Plus que jamais, nous devons affronter notre histoire, avec ses blessures et ses zones d’ombre, afin de pouvoir les guérir. C’est à cette condition que nous pourrons accepter de vivre ensemble sans préjugés, sans haine et sans instrumentalisation des appartenances régionales ou ethniques.
C’est à cette condition que pourra naître le Congo nouveau.
Le bilan de quarante-deux années de pouvoir sans coup d’État
Après quarante-deux années de pouvoir continu, quels sont les résultats visibles pour les Congolaises et les Congolais ?
- La pauvreté et la misère sociale pour une grande partie de la population ;
- Le manque chronique d’eau potable et d’électricité sur l’ensemble du territoire national ;
- Une jeunesse désœuvrée, abandonnée à elle-même, privée de perspectives d’avenir et à laquelle on répète qu’« il n’y a plus de place dans la fonction publique », sans jamais lui proposer d’alternative crédible.
Pendant ce temps, les priorités semblent être ailleurs :
- Nommer son propre petit-fils Officier d’ordonnance alors qu’il n’a jamais servi dans les forces armées ;
- Accorder son pardon à des ministres accusés de violences conjugales, transformant ainsi l’impunité en signal politique et en encouragement implicite à la banalisation des violences faites aux femmes.
Cette situation traduit le peu de considération accordé à la condition féminine dans notre pays. Elle contribue également à normaliser des comportements profondément inquiétants, lorsque des jeunes filles de 18 ans sont présentées comme des « vieilles femmes », tandis que prospère une culture que les Congolais dénoncent eux-mêmes sous l’expression populaire de la lecture des « livres de 12 pages », allusion aux très jeunes filles que certains prédateurs considèrent comme des objets de convoitise.
Le Congo dans l’ère de la popopologie
Aujourd’hui, le Congo semble être entré dans l’ère de la popopologie.
Une époque où l’on annonce « l’accélération de la marche vers le développement », où l’on promet « d’accélérer la prise de conscience des jeunes » afin qu’ils apprennent à assumer et à s’assumer, mais où, dans les faits, le pays fait du surplace.
Les mots courent plus vite que les actes.
Les promesses avancent plus vite que le développement.
Et pendant que les discours s’accélèrent, le Congo, lui, demeure immobile.
C’est cela, la popopologie.
Le silence s’est installé.
Le pays ne respire plus.
Beaucoup n’osent plus parler.
Pourtant, chacun sait que l’Après est déjà là.
Et lorsqu’un peuple commence à regarder davantage l’après que le présent, c’est que le présent a déjà atteint ses limites.
Échec et Mat !
ToPeSA
Modeste Boukadia
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
Initiateur de ToPeSA
10 juin 2026
Jour anniversaire de la fin de la Conférence nationale souveraine – 11h08
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